Blog concernant notre vie littéraire, poétique, cinématographique. Tout ce qui touche à l'art, à l'expression artistique sous toutes ses formes. Tous les moyens d'expression sont reconnus dans ce blog. EXCLURE FORMELLEMENT LA VULGARITÉ ET LA GROSSIÈRETÉ.
Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.
... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.
Désert. Le Clézio.
vendredi 16 avril 2010
Gaetan Roussel : Help Myself (Nous ne faisons que passer) - Clip officiel
Gaëtan Roussel du groupe Louise Attaque, parolier, en carrière solo. Malgré tout Je est un autre.
jeudi 15 avril 2010
Je est un autre. Le double de soi. Transmis par Christian Cazals
L'Héautontimorouménos. (Charles Baudelaire)
Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher!
Et je ferai de ta paupière,
Pour abreuver mon Saharah,
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera
Comme un vaisseau qui prend le large.
Et dans mon coeur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge!
Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord?
Elle est dans ma voix, la criarde!
C'est tout mon sang ce poison noir!
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.
Je suis la plaie et le couteau!
Je suis le soufflet et la joue!
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau!
Je suis de mon coeur le vampire,
Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire!
mercredi 14 avril 2010
Partition 5. Le Titan et Jan Petrus. Christian Cazals
Un écrin.
Cette galerie à la façade vieillotte
est un écrin.
Les murs sont recouverts de soie blanche
passée par les ans.
Assis devant un petit bureau majorelle
un vieil homme.
En entrant Jan est bousculé
par un géant vêtu de velours noir,
le visage taillé à la serpe,
sa voix grave murmure"merveilleux...merveilleux".
La porte refermée
une odeur de tabac et de parfums orientaux.
Au centre sur un chevalet:
Le Titan.
On peut en faire le tour.
Jan pense surtout sculpture.
Cette masse d'argile pétrie par l'artiste.
Le tableau s'anime.
Le Titan prend vie.
C'est en effet merveilleux de voir s'animer l'être de chair et de sang.
Son coeur bat.
Ses yeux regardent.
Et dans son cerveau les pensées se bousculent.
Longtemps il va admirer l'oeuvre.
Pas d'autres toiles sur les murs.
La suite de l'exposition se trouve dans une autre galerie.
Le Titan est une acquisition.
Il reste là.
Demain Jan part pour Harare.
Ethiopie.
Repérage d'un film sur Rimbaud.
Il pense faire une virée au Dôme.
Et puis départ.
Jan pense alors à un de ses lointains ancêtres.
Anthropologue.
Jan Petrus Benjamin de Josselin de Jong.
Ouste les particules!!!
Longtemps il va admirer l'oeuvre.
Pas d'autres toiles sur les murs.
La suite de l'exposition se trouve dans une autre galerie.
Le Titan est une acquisition.
Il reste là.
Demain Jan part pour Harare.
Ethiopie.
Repérage d'un film sur Rimbaud.
Il pense faire une virée au Dôme.
Et puis départ.
Jan pense alors à un de ses lointains ancêtres.
Anthropologue.
Jan Petrus Benjamin de Josselin de Jong.
Ouste les particules!!!
lundi 12 avril 2010
Le Titan. Agnès Mottelet. Dans Paris avec Jan Petrus.
Partition 4
Agnès Mottelet
Jan Petrus déploya sa longiligne silhouette.
Rien d’un Titan.
Plutôt un Don Quichotte.
Il descendit la rue Bonaparte
Une démarche traînante,
Lenteur du flâneur,
Regards jetés sur les jeunes étudiantes du quartier.
Sans grands désirs.
Son cerveau est plein d’autres pensées.
La petite galerie est ouverte.
Enfin il va découvrir les petits joyaux.
Les voir presque à les toucher.
Le Titan !!!
Enfant du ciel et de la Terre
Il se souvient Ouranos le père
Gaia la mère.
Et lui Jan qui se prend pour Prométhée.
Un des nombreux enfants des Titans.
Enfin le calme et la méditation devant ce Titan.
Il s’assoit.
Quelques larmes perlent.
Notes sur Bernardo Soares partenaire de Pessoa. Paulo Siqueria (auteur)
Un hétéronyme-partenaire de Pessoa: Bernardo Soares
Paulo Siqueira
Paris • Français
Le poète portugais Fernando Pessoa a créé non seulement des poésies mais
aussi des poètes, chacun avec un nom propre (hétéronyme), un style, une
philosophie, et même une biographie différente. Une seule de ses
créatures, Bernardo Soares, écrivait en prose des textes fragmentaires
depuis la jeunesse de l’auteur Pessoa jusqu’à sa mort. Ces textes n’ont
été colligés pour une publication que cinquante ans après la mort de
Pessoa sous la forme d’un livre dont l’auteur a annoncé la publication
toute sa vie sans jamais la réaliser. C’est le livre aujourd’hui célèbre
dans le monde entier "Livro do desassosego" (traduit en français sous le
titre "Le livre de l’intranquillité").
Quelle place et quelle fonction Bernardo Soares a-t-il occupé comme
symptôme-partenaire et nom propre pour Pessoa ? C’est la question à
laquelle nous allons essayer de répondre.
Nous partirons du principe que l'invention de Soares est, au même titre
que celle des autres écrivains inventés par Pessoa, un artifice du sujet
qui ne peut se passer de la construction d'un Autre pour écrire et
créer.
Mais alors, pourquoi pour Soares cette impression que la similitude avec
le créateur de l'oeuvre est la plus grande, la plus vraie ? Sans doute à
cause de la forme de ces textes, qui prend toutes les apparences du
journal intime. Sans doute aussi parce que le lecteur que nous sommes,
devant la multiplicité des masques de Pessoa, a besoin de croire qu'il y
en a au moins un qui soit vrai et authentique. Pessoa, maître absolu de
l'art de la feinte, est le premier à dire que, en effet, Soares "c'est
moi, moins le raisonnement et l'activité. Mais, ajoute-t-il, moins
quelque chose encore (1)" !
Nous pourrions continuer dans la soustraction, en disant que Soares est
aussi Pessoa moins les autres hétéronymes, c'est-à-dire moins Alberto
Caeiro, moins Ricardo Reis, moins Alvaro de Campos, moins le poète
Pessoa lui-même, sans parler des autres hétéronymes moins célèbres.
C'est-à-dire qu'en essayant de trouver le vrai et authentique Pessoa,
soit Pessoa lui-même, nous irons de piège en piège et "a contrario" de
la définition que Pessoa lui-même a donné du Poète:
« Le poète est quelqu'un qui feint,
mais qui feint si complètement
qu'il feint une douleur
alors qu'il la sent vraiment ... (2). »
Autrement dit, pour Pessoa, le poète joue du semblant pour de vrai !
Or, notre grande difficulté pour comprendre le besoin de Pessoa de se
trouver une autre identité pour écrire son oeuvre multiple et hétérogène
a un rapport avec la notion de semblant qui, grâce à Lacan, a trouvé un
statut à part dans la psychanalyse. Le semblant, jusqu'à Lacan, pouvait
équivoquer avec le simulacre et le mensonge. Or, Lacan nous fait
comprendre que c'est par le semblant que l'on accède au réel, et pas
autrement. Et il fait de la fonction du psychanalyste dans la cure le
lieu d'élection du semblant le plus paradoxal, le semblant d'objet (a).
C'est par son semblant, on ne peut plus littéralement, que Pessoa nous
introduit à cet auteur, nommé pour l'occasion B. Soares.
Pessoa nous présente d’abord B. Soares par ce que l’on appelle en langue
portugaise le "semblante", terme qui désigne aussi bien le visage, la
mine que l'air dégagé par quelqu'un. Ainsi dit-il de son auteur qu’il a
un « visage ... pâle, aux traits dénués d'intérêt, (dans lequel) on
décelait un air de souffrance ... et il était bien difficile de définir
quelle sorte de souffrance indiquait cet air-là - il semblait en
désigner plusieurs, privations, angoisses, et aussi cette souffrance née
de l'indifférence, qui naît elle-même d'un excès de souffrance (3) ».
Or, ceux qui ont vu les photos de Pessoa prises de son vivant n’auront
pas trop de mal à le reconnaître dans cet "hétéro-portrait". Pessoa dit
dans ce même texte, qui est une introduction écrite pour son "Livre",
que c’est à l'occasion d'une rencontre de pur hasard qu’il a pu parler
pour la prémière fois à Soares. Seulement plus tard, celui-ci lui aurait
fait connaître son "Livre de l'Intranquillité", l’oeuvre que Pessoa
lui-même a écrit pendant plus de vingt ans alors qu’il n'en a vécu que
47.
Mais dès les premières lignes de son "Livro", se manifeste ce penchant
irréductible de l'écrivain Soares à inventer une vie qui n'en est pas
une: « Dans ces impressions décousues, écrit-il d'emblée, sans liens
entre elles et ne souhaitant pas en avoir, je raconte avec indifférence
mon autobiographie sans faits, mon histoire sans vie. Ce sont mes
confidences, et si je n'y dis rien, c'est que je n'ai rien à dire (4). »
À défaut de vivre, le sujet nommé Pessoa "alias B. Soares" "rêve". Elles
sont nombreuses ces pages écrites en forme de fragments sans vrais liens
entre eux qui commencent par une référence au rêve: « Et de la hauteur
majestueuse de tous mes rêves, Lorsque je dors de nombreux rêves, À part
ces rêves banals, Aujourd'hui au cours de l'une de ces rêveries, Parfois
je songe, Dans la forêt du songe, De l'art de bien rêver, Et de même que
je rêve, Rêve triangulaire, Le rêve lui-même, De mon rêve de toi, Je ne
te veux qu'en rêve, Vivre du rêve, Du reste je ne rêve, Mes rêves, À
part ces rêves ... »
Et pourtant Pessoa ne fait pas un seul récit de rêve dans son soi-disant
journal intime, malgré le fait qu'il se définit non seulement comme un
rêveur mais surtout comme un rêveur exclusivement, selon sa propre
expression.
Mais qu’est-ce que le rêve pour l’auteur du "Livro do Desassossego" ?
Voici comment Soares définit le rêve au fragment numéroté 111 du "Livre
de l'Intranquillité": « Je suis à peu prés convaincu de n'être jamais
réveillé. J'ignore si je ne rêve quand je vis, si je ne vis pas quand je
rêve, ni si le rêve et la vie ne sont pas en moi des choses mêlées,
"intersectionnées", dont mon être conscient se formerait par
interpénétration (5). »
aussi des poètes, chacun avec un nom propre (hétéronyme), un style, une
philosophie, et même une biographie différente. Une seule de ses
créatures, Bernardo Soares, écrivait en prose des textes fragmentaires
depuis la jeunesse de l’auteur Pessoa jusqu’à sa mort. Ces textes n’ont
été colligés pour une publication que cinquante ans après la mort de
Pessoa sous la forme d’un livre dont l’auteur a annoncé la publication
toute sa vie sans jamais la réaliser. C’est le livre aujourd’hui célèbre
dans le monde entier "Livro do desassosego" (traduit en français sous le
titre "Le livre de l’intranquillité").
Quelle place et quelle fonction Bernardo Soares a-t-il occupé comme
symptôme-partenaire et nom propre pour Pessoa ? C’est la question à
laquelle nous allons essayer de répondre.
Nous partirons du principe que l'invention de Soares est, au même titre
que celle des autres écrivains inventés par Pessoa, un artifice du sujet
qui ne peut se passer de la construction d'un Autre pour écrire et
créer.
Mais alors, pourquoi pour Soares cette impression que la similitude avec
le créateur de l'oeuvre est la plus grande, la plus vraie ? Sans doute à
cause de la forme de ces textes, qui prend toutes les apparences du
journal intime. Sans doute aussi parce que le lecteur que nous sommes,
devant la multiplicité des masques de Pessoa, a besoin de croire qu'il y
en a au moins un qui soit vrai et authentique. Pessoa, maître absolu de
l'art de la feinte, est le premier à dire que, en effet, Soares "c'est
moi, moins le raisonnement et l'activité. Mais, ajoute-t-il, moins
quelque chose encore (1)" !
Nous pourrions continuer dans la soustraction, en disant que Soares est
aussi Pessoa moins les autres hétéronymes, c'est-à-dire moins Alberto
Caeiro, moins Ricardo Reis, moins Alvaro de Campos, moins le poète
Pessoa lui-même, sans parler des autres hétéronymes moins célèbres.
C'est-à-dire qu'en essayant de trouver le vrai et authentique Pessoa,
soit Pessoa lui-même, nous irons de piège en piège et "a contrario" de
la définition que Pessoa lui-même a donné du Poète:
« Le poète est quelqu'un qui feint,
mais qui feint si complètement
qu'il feint une douleur
alors qu'il la sent vraiment ... (2). »
Autrement dit, pour Pessoa, le poète joue du semblant pour de vrai !
Or, notre grande difficulté pour comprendre le besoin de Pessoa de se
trouver une autre identité pour écrire son oeuvre multiple et hétérogène
a un rapport avec la notion de semblant qui, grâce à Lacan, a trouvé un
statut à part dans la psychanalyse. Le semblant, jusqu'à Lacan, pouvait
équivoquer avec le simulacre et le mensonge. Or, Lacan nous fait
comprendre que c'est par le semblant que l'on accède au réel, et pas
autrement. Et il fait de la fonction du psychanalyste dans la cure le
lieu d'élection du semblant le plus paradoxal, le semblant d'objet (a).
C'est par son semblant, on ne peut plus littéralement, que Pessoa nous
introduit à cet auteur, nommé pour l'occasion B. Soares.
Pessoa nous présente d’abord B. Soares par ce que l’on appelle en langue
portugaise le "semblante", terme qui désigne aussi bien le visage, la
mine que l'air dégagé par quelqu'un. Ainsi dit-il de son auteur qu’il a
un « visage ... pâle, aux traits dénués d'intérêt, (dans lequel) on
décelait un air de souffrance ... et il était bien difficile de définir
quelle sorte de souffrance indiquait cet air-là - il semblait en
désigner plusieurs, privations, angoisses, et aussi cette souffrance née
de l'indifférence, qui naît elle-même d'un excès de souffrance (3) ».
Or, ceux qui ont vu les photos de Pessoa prises de son vivant n’auront
pas trop de mal à le reconnaître dans cet "hétéro-portrait". Pessoa dit
dans ce même texte, qui est une introduction écrite pour son "Livre",
que c’est à l'occasion d'une rencontre de pur hasard qu’il a pu parler
pour la prémière fois à Soares. Seulement plus tard, celui-ci lui aurait
fait connaître son "Livre de l'Intranquillité", l’oeuvre que Pessoa
lui-même a écrit pendant plus de vingt ans alors qu’il n'en a vécu que
47.
Mais dès les premières lignes de son "Livro", se manifeste ce penchant
irréductible de l'écrivain Soares à inventer une vie qui n'en est pas
une: « Dans ces impressions décousues, écrit-il d'emblée, sans liens
entre elles et ne souhaitant pas en avoir, je raconte avec indifférence
mon autobiographie sans faits, mon histoire sans vie. Ce sont mes
confidences, et si je n'y dis rien, c'est que je n'ai rien à dire (4). »
À défaut de vivre, le sujet nommé Pessoa "alias B. Soares" "rêve". Elles
sont nombreuses ces pages écrites en forme de fragments sans vrais liens
entre eux qui commencent par une référence au rêve: « Et de la hauteur
majestueuse de tous mes rêves, Lorsque je dors de nombreux rêves, À part
ces rêves banals, Aujourd'hui au cours de l'une de ces rêveries, Parfois
je songe, Dans la forêt du songe, De l'art de bien rêver, Et de même que
je rêve, Rêve triangulaire, Le rêve lui-même, De mon rêve de toi, Je ne
te veux qu'en rêve, Vivre du rêve, Du reste je ne rêve, Mes rêves, À
part ces rêves ... »
Et pourtant Pessoa ne fait pas un seul récit de rêve dans son soi-disant
journal intime, malgré le fait qu'il se définit non seulement comme un
rêveur mais surtout comme un rêveur exclusivement, selon sa propre
expression.
Mais qu’est-ce que le rêve pour l’auteur du "Livro do Desassossego" ?
Voici comment Soares définit le rêve au fragment numéroté 111 du "Livre
de l'Intranquillité": « Je suis à peu prés convaincu de n'être jamais
réveillé. J'ignore si je ne rêve quand je vis, si je ne vis pas quand je
rêve, ni si le rêve et la vie ne sont pas en moi des choses mêlées,
"intersectionnées", dont mon être conscient se formerait par
interpénétration (5). »
dimanche 11 avril 2010
Voyage en hétéronymie. Ode maritime de Fernando Pessoa
"Parfois je songe, avec une volupté triste, que si un jour, dans un avenir auquel je n'appartiendrai plus, ces pages que j'écris connaissent les louanges, j'aurai enfin quelqu'un qui me "comprenne", une vraie famille où je puisse naître et être aimé. Mais, bien loin d'y naître, je serai mort depuis longtemps. Je ne serai compris qu'en effigie, quand l'affection ne pourra plus compenser la désaffection que j'ai seule rencontrée de mon vivant."
Le théâtre des Treize Vents vient de présenter à Montpellier l'oeuvre de Fernando Pessoa "Ode Maritime" dans une mise en scène de Claude Régy. C'est toujours difficile de parler de perfection. Mais je pense avoir ressenti cette perfection en sortant du spectacle. La nuit était douce, parfumée, malgré l'environnement de la ville qui ne cesse de grandir, aucun mot ne pouvait sortir, j'étais dans cet état de transfiguration quand on touche au sacré.
Fernando Pessoa
Fernando Pessoa travailla dans un bureau d'import-export de Lisbonne. La vie rétrécie qu'il mena au quotidien ne se libérait que grâce à son imagination. Il déambulait dans les rues de Lisbonne ou bien restait des heures sur les quais du port à contempler les navires à l'arrivée ou en partance pour la haute mer.
"Seul, sur le quai désert, en ce matin d'été, je regarde du côté de la barre, je regarde vers l'Indéfini, je regarde et j'ai plaisir à voir, petit,noir et clair, un paquebot qui entre. Il apparaît très loin, net, classique à sa manière.Ode Maritime, extrait
Dans ses propos recueillis par Brigitte Salino pour Le Monde du 8 Mars 2010 Claude Régy nous présente ainsi Pessoa: " Il parle d'un temps avant lui-même, et aussi d'un temps avant l'heure du monde extérieur tel qu'il le voit rayonner pour lui.
On pourrait dire que l'ambition de Pessoa est d'apprivoiser l'infini.
Il regarde vers l'indéfini d'où prolifère le Multiple ( il les gratifie de majuscules).
Il faut pour dire Pessoa corporiser la voix."
Jean Quentin Châtelain qui prête ainsi sa voix au texte de Pessoa opère selon le désir de l'auteur une transmutation consciente et volontaire entre sexualité et écriture, cette écriture qui voit le jour chez les différents hétéronymes de Pessoa dont les principaux sont Alberto Caeiro, Ricardo Reis et Alvaro de Campos.
C'est une performance au sens le plus noble du terme que celle de Jean Quentin Châtelain.
Ecouter Ode maritime, c'est respirer deux heures hors la loi, dans l'illégalité et la férocité.Mais, en fait, le contrôle du temps, les limites de l'espace, tout a disparu.
Analogue à Dieu, Claude Régy, décembre 09Extrait
samedi 10 avril 2010
Partition 3.
Partition 3. Rembrandt: Le lit à la Française Gravure étrange de la chambre de Jan Petrus
L’église Saint Germains’anime.
9 heures.
Des obsèques se préparent.
Les appariteurs au visage jaunâtre….
La famille converse par petits groupes, par affinités,
On parle d’héritage.
« Un officier de marine ! » lui susurre le garçon bistroquet.
Les huiles du ministère débarquent avec force salamalecs.
Certains se donnent des petites tapes dans le dos.
Jan ferme les yeux.
Sa rêverie reprend une nouvelle direction.
Le petit théâtre d’hier.
L’ambiance de fourmilière au travail.
Les filles pas mal
Il avait pu assister à une répétition
Une histoire de femmes …
Bon maintenant il va falloir bosser.
Un article pour une revue d’art.
Ben voila !
Le Titan.
Et aussi les Titans.
Encore 30 minutes et j’y vais….
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