Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

samedi 28 novembre 2009

La fille aux cheveux rouges

Fille aux cheveux rouges bois tropicaux dispersés par les grandes marées. La fille aux cheveux rouges n'en finit pas d'étirer son bandonéon. Elle fait semblant dit-on. Pourtant il y a des sons dans le coeur mutilé de la belle. La plage est déserte. Elle voit sur la mer des voiles faseiller L'esquif gîte dangereusement Le vent hurle dans les cordages Le son de l'instrument faiblit. La fille aux cheveux rouges voit ses doigts bleuir sur les touches. Le froid s'infiltre dans l'échancrure d'une chemise de lin Jusqu'à durcir la peau fine et fragile des seins. Dans le lointain des pleurs. Un gitan solitaire chante. La fille aux cheveux rouges ferme les yeux.

vendredi 27 novembre 2009

Personne. Gwenaëlle AUBRY

"Persona" est le terme latin pour "masque," celui porté par les comédiens dans les tragédies antiques. " Je n'écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n'écris pas pour dire que je n'ai rien à dire. J'écris : j'écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j'ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps prés de leurs corps; j'écris parce qu'ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l'écriture; l'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie." Georges PEREC " Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois "mon père est fou" quand j'ai adopté ce mot de folie..." Voyage de Gwenaelle Aubry au coeur de la "folie" de son père. Portrait comme elle le dit en vingt-six angles et au centre absent. Le centre, son père, mélancolique, qui n'a jamais fait bloc avec lui-même et laissé place à tous les autres en lui.

Lettre ouverte et bouteille brisée pour Mr Besson

Bien sûr aligner des mots Mais Youssoupha le fait très bien Je préfère lancer une bouteille à la mer Elle se brisera contre les rochers et vous pourrez écouter ce poème musical.

jeudi 26 novembre 2009

Martyr des Moines de Thibéhirine

Nous avons récemment parlé des moines de Thibérihine, et chose surprenante nous apprenons la déclassification de certains documents secrets concernant ce drame. Il faut maintenant espérer que l'enquête va s'accélérer et que nous pourrons bientôt connaître la vérité. Les moines de Thibéhirine montrent dans leur souffrance un exemple d'engagement dans la foi qu'ils pouvaient transmettre aux populations de cette région sous la forme du don de soi. Espérons maintenant qu'aucune entrave ne vienne perturber l'enquête et son déroulement.

mercredi 25 novembre 2009

le soir s'étire..

Il s'était levé avec regret, Le soir était encore doux et embaumait les glycines, Mais sans doute était-ce dans ses souvenirs d'été, Novembre était là avec les frimas du matin. Penché à la balustrade ,il contempla la splendeur du couchant, De légers nuages formaient une couronne dans le ciel. Il sourit pour lui-même et ferma la porte-fenêtre: Demain ,il ferait beau, Une nouvelle page à écrire..

lundi 23 novembre 2009

Interrogation en forme de commentaire

que veut Jan Petrus? S'embarquer dans une aventure ? Partir ? rester? rêver? La fille aux cheveux rouges ne sait pas jouer du bandonéon, elle fait semblant. Croukougnouche

Qui est Jan Petrus? Que veut Jan Petrus?

Jan Petrus n'est pas comme ces brigands chercheurs de diam's ou comme ces coureurs de filles, peu importe la couleur des cheveux, c'est plutôt un loup solitaire, non un monstre. Il aime simplement déambuler sur les quais du port de La Havane,écouter la musique d'Ibrahim Ferrer, parfois une fille aux cheveux rouges rejoint l'orchestre et semble jouer du bandonéon. Jan Petrus ouvre son cerveau et un impressionnant défilé d'images colorées emporte sa vieille carcasse. Des carcasses il y en a partout sur le port: antiques "Ford", "Dodges" en ruine, rutilantes "mustang" de los musicos cubanos. Jan Petrus ne cherche plus d'aventures. Sous son "Panama" fripé il rêve et sa voix grave, éraillée, chante avec l'orchestre.