Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

lundi 28 février 2011

AVERROÈS OU L'INTELLIGENCE. Commentaire du DE ANIMA d'Aristote.Edition Le Monde de la Philosophie chez Flammarion.

" L'histoire consignerait peu d'évènements
aussi beaux et aussi pathétiques que ce médecin arabe se consacrant à la pensée d'un homme dont quatorze siècles le séparaient".
                                                                                            Jorge Luis Borges, dans
"La Quête d'Averroès".



Le philosophe Andalou est représenté au premier plan de L' École d'Athènes de Raphaël, dans la bibliothèque des papes qu'était la Chambre de la Signature au Vatican, sur la partie gauche de la fresque, derrière Pythagore. 
Légèrement penché sur le côté, on le reconnait à son turban blanc. Celui que les auteurs hispanisants ont appelé Averroès, Avén Ruiz ou encore Commentator, portait le nom arabe d'Abû I-Walîd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad ibn Ruëd al-Hafid, ou, plus simplement, Ibn Rushd. Il naquit en 1123 à Cordoue dans une famille de juristes malékites. Son grand-père, Abû-I-Walid, et son père furent grand juge,qâdi, et directeur de prière, imâm de la mosquée de Cordoue.  

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dimanche 27 février 2011

La nature cette inconnue...

Premières fleurs d'amandier sauvage



La poésie ouvre les portes de l'inconnu.  
(Boucherif)

vendredi 25 février 2011

LE CHAT

Les hommes ont modelé les chiens à leur gré
Les chats sont exactement comme ils étaient
Il y a dix millions d'années  (Marion Garretty)




Dessin de Salvador CAZALS - CARROLL.  Photo boucherif 2011





Les Chats
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Les Fleurs du Mal

 Charles  BAUDELAIRE


mercredi 23 février 2011

Il m'a dit bonjour. Il m'a dit viens tu?

Il m'a dit bonjour. Il m'a dit viens tu?                      © Photo: Serge Jodra 2010            

Rue Bonaparte. Je n'ai pas su lui dire bonjour. Les premiers jours du printemps 1960. Elle descendait vers la Seine. Le quai Malaquais, l'Institut, le Pont des Arts.
Le soleil du début de l'après midi inondait le trottoir.
Un balancement des hanches... Je n'ai pas su lui dire bonjour.
Simplement les yeux baissés. Un regard furtif. Le cramoisi d'un léger pull de soie fine et le doux balancement de ses deux seins.
Une démarche lente, des jambes caresses douces sur le sol, les fines attaches en forme de pattes d'oiseaux, des pigeons parisiens se posent sur les balcons, les véhicules en stationnement, vont se poser sur l'épaule d'un vieillard qui prend soin de leur distribuer des graines.
Elle semble danser sur le trottoir, valse hésitation, les antiquaires et marchands de livres anciens viennent d'ouvrir leur boutique.
L'échoppe est avenante. Un geste doux et elle pénètre sa main, caresse le vieux cuir, ses doigts glissent entre les pages, ils savent glisser le long des lieux sensibles et mettre en émoi la chair riche et palpitante, la chair du livre s'ouvre, elle peut lire quelques phrases, un corps gravé apparaît.
Mon regard plonge dans la vitrine, se faufile entre les ouvrages couverts de poussière, pour enfin apercevoir l'œuvre convoitée.
Un livre épais aux pages d'une consistance un peu rigide, peut-être ce qu'on nomme un incunable, ouvrage ancien.
Elle est belle et rend encore plus belle la tenancière de ce lieux de culture et de savoir, vieille dame respectable au visage outrageusement maquillé.
Je la suivrai ainsi tout au long de la journée.
Elle sait que je suis là, un peu distancé. Je n'en finis pas d'admirer son mouvement lent du bassin.
Nous irons ainsi dans cette douce chaleur voluptueuse jusqu'au jardin des Tuileries.
Puis les contre allées des Champs Elysées.
Elle se reposa sur un fauteuil de fer forgé, son regard se perdait dans le feuillage naissant, elle tourna lentement son visage et je crus apercevoir un sourire, un sourire lointain, une invite à se perdre dans les songes d'une sexualité maladroite, encore hésitante et troublée. 

Sortie du DVD du Film de Xavier Beauvois: " Des Hommes et des Dieux ". Mercredi 23 Fevrier 2011.



Photos de Christian Cazals. Mémorial d'Aiguebelle.












                                                                                                   

Photo Posthume. Marck CAZALS Photographe Ace VANDYSTADT.