
Tes yeux d'un vert ardent gonflent mes grandes voiles
Il est temps maintenant de larguer les amarres
partons si tu le veux, Cythère et ses étoiles
Constellent notre rut; en joyeux tintamarres
Les filles de Lesbos déjà t'accompagnent
prodiguent des douceurs animant tes langueurs
Te cacherai-je lors des envies qui me gagnent
Trois éphèbes huilés maintiennent mes ardeurs.
Notre nef en écrin qui glisse sur les mers
Accueille volontiers de grandes bacchanales.
Le vin, le miel, le thym et les herbes amères
Nous font bien tout oser. Chantées dans les annales
Nos amours dépravées, scandales parfumés
Nous affranchissent tant de la morale intègre
Que nos voiles au vent offrent aux affamés
La liberté d'aimer, de jouir d'un sexe allègre.
Nos deux désirs en feu , chauffés à blanc, liquides
Coulent dans le creuset de ces charmants décors
Se forge un unisson qui dépasse les ides
Les lunes et les sorts, l'entendement, les corps
Car nous sommes unis reforgés pour tout dire
Nos âmes retrouvées nos sens ardents grisés
Nos baisers reconstruits nous font oublier l'ire
De nos vies séparées malgré nos cœurs croisés.
Sur l'île de Cythère le temple d'Aphrodite
Célèbre nos tourments, et sa vestale attise
Nos deux sexes brûlants, la messe sera dite
Dans l'agonie du temps d'un ressac qui nous brise
Mon épée trouve là le fourreau qu'elle désire
La paix au parfum chaud de ta grotte qui luit
Mes reins meurent au cri que ton ventre soupire
La blanche écume drue ensemence la vie...
Ces vers de Verlaine chantent aux oreilles de Fausta.
Ben sourit en regardant dans son rétro le visage maintenant reposé de
la belle. L'embarquement pour Cythère. L'embarquement...
Les fêtes galantes. Suivons la piste. Bientôt l'étreinte.
Une fois de plus.
***
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