Pensant que la littérature n'est écrite pour personne, j'ai longtemps éprouvé les plus grande réticences envers les lectures publiques de poèmes. La poésie est une production de solitaire et sera mieux reçue solitairement, me disais-je. Elle nécessite du recueillement. De plus, les lectures publiques tendent à la faire confondre avec l'éloquence dans l'esprit du public. Et qui sait si à la longue, l'auteur ne deviendra pas un bluffer en écrivant pour satisfaire cette confusion?
Que, anciennement, la poésie ait été lue en public est une preuve puérile. Le nouveau peut être meilleur que l'ancien.
Enfin, pas de souci: le public de ces lectures est le plus souvent composé d'autres poètes.
