Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.
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vendredi 4 décembre 2009

Fausta prend son envol

Fausta , arrivée en Allemagne a pris aussitôt un train pour la vallée du Rhin. son amie d'enfance , Michelina , mariée depuis la nuit des temps avec un restaurateur d'œuvres d'art dont elle est visiblement toujours très éprise , coule des jours heureux à Oberwesel , bourgade riante de ce "Rheinland-Pfalz", tout près du fameux rocher de la Lorelei.... Cette sirène chère aux poètes romantiques .. Fausta aurait tant aimé être une enchanteresse , garder auprès d'elle l'aventurier volage.. Tant pis ! la vie est ainsi: imprévisible , sinueuse . "Pour avancer , sachons nous laisser flotter , on peut croiser de surprenantes barques , au fil du courant... Elle en a assez des avions , Pourquoi pas la lenteur et la majesté de ce fleuve-roi ?? Un léger vent soulève son écharpe vaporeuse . Debout au bord du ponton de l'embarcadère , elle attend le bateau-promenade , Mêlée aux touristes joyeux , elle s'installe à l'avant . Elle n'écoute pas les commentaires en langue germanique qu'elle comprend si peu, A l'approche du fameux rocher , le bateau ralentit . Gracieuse comme la fille de la légende ,Fausta se lève et se dirige vers le bastingage. Ses cheveux déployés échappent à l'écharpe qui s'envole soudain au dessus des flots, Trop tard ! Pfuitt! Fausta éclate de rire ,vivifiée par cette facétie d'Eole, d'un geste rapide , cassant la mince chaine, elle lance le diamant bleu loin dans les vagues , comme une offrande au fleuve. La vie coule en elle comme cette eau,sereine, Sans retour sur le passé, Elle veut nager seule et libre désormais.

mardi 1 décembre 2009

Hôtel The Elegant

Longues avenues de Windhoeck. Fausta dans un somptueux taxi. Un ami de Ben a prêté pour quelques heures ce carrosse des temps modernes. Étaler sa richesse. Fausta repose sur le siège arrière le corps étendu, les jambes largement relâchées. La visite du bar à bière lui permet de laisser aller son corps voluptueusement étendu sur les sièges de velours. Une légère sensation de vertige dans les virages, les ralentissements. Pourtant le chauffeur est un spécialiste mais l'emprise de l'alcool tellement forte que le corps fragile de Fausta réagit à la moindre agression. L'hôtel The Elegant est le havre de paix choisi par Ben. Il sait que le repos de la belle se fera en toute quiétude et que la table sera bonne. L'installation dans la chambre donnant sur le parc se fait avec forces courbettes et salamalecs. Un plongeon dans la piscine, une toilette soignée et minutieuse redonne vie à la belle danseuse sortie du sable du désert. Repas léger,"écologique" selon le maître d'hôtel, léger pour la nuit. Fausta s'étend sous une moustiquaire et s'endort en écoutant le roucoulement des oiseaux de la nuit africaine.Il fait encore sombre quand un petit tapotement éveille notre voyageuse qui dans quelques heures s'envole pour Munich . Le sac de voyage est vite bouclé et Fausta en le considérant pense qu'il ne lui reste pas grand chose. Une grande maison en Italie. Il faudra s'en débarrasser et s'éloigner de ce monde frivole des palais vénitiens, des fêtes somptuaires, des valets masqués et des éphèbes musiciens. Un petit déjeuner et c'est le départ. La route de l'aéroport est encore déserte et le trajet se fait sans encombres. Le parking désert et Ben pénètre dans l'immense hall principal. Enregistrement des billets, on se croise avec un groupe de touristes éméchés porteurs d'armes et d'appareils photos. On annonce l'arrivée d'un vol. Police de l'air. Papiers . Rien à déclarer. Sourire appuyé devant une aussi belle femme. Ben propose un café avant le départ à l'étage...il y a un restaurant. Le couple s'engage sur L'escalator. Quelques personnes descendent par l'escalier situé à gauche. Fausta encore dans un demi sommeil regarde vers le haut. Un couple descend . Le comte Gianfranco, une main sur l'épaule d'une sculpturale black. Regards . L'homme, le visage basané embrasse la femme. Les yeux de Fausta sont toujours fixés vers le haut. Sa main prend le diamant suspendu à son cou et le porte à ses lèvres.

dimanche 8 novembre 2009

WINSTUB.

...Et une gigantesque chope de bière mousseuse en guise d'enseigne. Une mousse débordante s'écoulant sur un comptoir astiqué. De la bière du pays. Pas de l'importation. Fausta, flanquée de son cerbère fit irruption dans la taverne enfumée, puant l'alcool, le vieux tabac froid et l'herbe magique. D'étranges personnages attablés s'essayaient au poker, un musicien noir, sans âge, grattait avec doigté une antique guitare crasseuse, un perroquet coléreux accueillait les nouveaux clients en poussant des cris d'orfraies. Le patron, il aurait fallu plusieurs semaines pour en faire le tour tant son ventre était gonflé, jetait avec insistance un regard vicieux sur la naissance des seins de Fausta et sur le diamant noir fixée par une chaînette argentée à la gorge souple de la belle. Le bonhomme était très étonné par le couple. Son visage se crispa et une ride profonde se creusa entre les deux yeux. Deux chopes de Un litre apparurent comme par enchantement sur le comptoir de bois tropical. Un simple regard de Ben servit de bon de commande et le liquide frais se répandit sur les lèvres desséchées, pénétra les gorges assoiffées. L'estomac se gonfla. La fraîcheur du liquide envahit le corps tout entier, le cerveau s'ouvrait au monde. La situation de Fausta devenait positive. On était presque au bout de la route. Demain serait un autre jour. Gianfranco? Qui est Gianfranco? Connais pas.