Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

mercredi 16 décembre 2009

le regard .



Ses yeux liquides sont aux aguets,
Par delà les collines , au delà du fleuve,
Elle sait que sur ce promontoire ,au bord du rocher,
Le grand chat au pelage soyeux veille sur ses maitres,
La demeure est vaste et pleine d'objets extraordinaires,
Venus de pays lointains.
Elle respire le vent qu'apporte le soir ,
Jamais elle ne rencontrera le guetteur des murailles,
Amoureux de la pierre tiède
Chauffée par le soleil
Malgré l'hiver.

Elle aime la lune farouche 
Et ne sort que la nuit,
Mais elle sait,
Ailleurs est son double...

lundi 14 décembre 2009

Autoportrait

C'est le souvenir de l'enfant qui pétrit le sol argileux.
Aux premiers jours du printemps il gratte la terre, en fait un petit amas qu'il débarrasse des écorces de bois , des graviers, des feuilles d'arbre déjà en voie de décomposition. De cette terre grasse qu'il mouille abondamment il fait une sphère bosselée, un étrange pain d'argile qu'il joint à cette sphère, et des bras "qu'il nomme ainsi dans sa pensée".
Deux minuscules graviers en font des yeux, une écorce le nez, une fente tracée avec le doigt la bouche. Il y a même une expression dans ce travail qu'il réalise avec passion et ténacité.
"Traverses.
La musique toute semblable à la vie, est une construction mélodieuse,
une durée enchantée,
une très éphémère aventure,
une brève rencontre
qui s'isole entre commencement et fin
dans l'immensité du non-être.
On peut distinguer à cet égard un silence antécédent
et un silence conséquent
qui sont l'un à l'autre comme l'alpha et l'oméga.
Le silence -avant et le silence après,
ils ne sont pas plus symétriques entre eux que le commencement et la fin,
la naissance et la mort ne sont symétriques
dans un temps irréversible.
Vladimir Jankélévitch ( La Musique et l'Ineffable 1961)"
L'écriture est une musique qui berce nos pensées, modifie nos actes, nous met en prières,
cette écriture chez Pierre Daboval c'est le dessin, le portrait et l'autoportrait.
Nous vous présentons certaines de ses oeuvres et vous pouvez prendre connaissance des nombreux sites parlant de Pierre DABOVAL.

jeudi 10 décembre 2009

Cinéma. Scénaristes, cinéastes exprimez vous.

Outrage et Rébellion : 40 films enragés contre la violence policière Le 8 juillet dernier, Joachim Gatti, réalisateur de 34 ans, petit-fils du poète et cinéaste Armand Gatti, a été la cible d’un tir de flashball lors d’une manifestation à laquelle il participait à Montreuil-sous-bois. Blessé à l’oeil, il en a définitivement perdu l’usage. Joachim Gatti n’est pas la première victime de ces “armes à létalité réduite”, dont l’usage se développe de manière inquiétante ces dernières années chez les policiers (pour les abonnés de Médiapart, l’article de Carine Fouteau publié le 9 décembre revient sur les circonstances et le contexte politiques de cette tragédie). Mais il a cristallisé une ample mobilisation, notamment dans le milieu du cinéma, contre l’usage de ces armes, et plus largement, contre la politique répressive du gouvernement actuel. Au lendemain du drame, l’historienne et théoricienne du cinéma Nicole Brenez et la monteuse Nathalie Hubert on fait circuler une pétition qui a recueilli 2500 signatures, pour dénoncer la «spirale de la répression» et l’«arbitraire opaque» de la police. Dans la foulée, elles ont lancé un appel à projets, demandant à des cinéastes, des militants, des graphistes, des artistes, de réaliser des petits films, destinés à être diffusés sur Internet mais aussi en salles. “L’idée, explique Nicole Brenez, était de demander aux gens de faire quelque chose d’immédiat, et en image, sur les causes de cette situation : comment est-on arrivé à ce qu’une police armée tire sur quelqu’un qui n’est pas menaçant? Les films sont des ciné-tracts, sans contrainte esthétique d’aucune sorte, sauf qu’ils ne devaient pas durer plus de dix minutes“. Réunis sous le label Outrage et Rébellion, une quarantaine de films a été réalisée à ce jour. Parmi leurs réalisateurs figurent de grands noms du cinéma (radical) comme Philippe Garrel, Jean-Marie Straub, Marcel Hanoun, Lionel Soukaz, Lech Kowalski (voir le post que je lui ai consacré récemment), ou de l’art contemporain comme Ange Leccia. Luce Vigo a quant à elle accepté d’être la marraine du projet. “Parmi ceux qui se sont mis au travail, il y a des gens pas du tout politiques, pas du tout engagés, et qui ont fait des films vraiment enragés, poursuit l’instigatrice du projet. Çà en dit long sur l’état d’exaspération et sur la honte qu’il y a à être en France aujourd’hui sous ce gouvernement dégueulasse“. Pensés comme une “constellation”, ouverte aujourd’hui encore à ceux souhaiteraient y apporter leur contribution, Outrage et Rébellion est diffusé à partir de ce jour, jeudi 10 décembre, à raison d’un film par jour, sur le site http://www.mediapart.fr/ (en accès libre et gratuit). Les films peuvent aussi être montrés “par grappes”, au gré de programmations festivalières par exemple. Une dizaine d’entre eux sera ainsi projetée à l’Institut pour l’image d’Aix en Provence dans le cadre d’une thématique de films sur la police. “Ce qui résume l’esprit du projet, explique Nicole Brenez, c’est que cette constellation constitue un arsenal d’images avec plein d’utilisations possibles. Il y a des essais, des clips, des coups de poing, des poèmes, toutes sortes de propositions qui nous ont été transmises sous tous les formats possibles : clé USB, DVD, pellicule 16 mm, et même du 35… ce qui correspond pleinement à ce qu’est le cinéma aujourd’hui! C’est une configuration qui m’a beaucoup intéressée en tant que cinéphile. Nous allons créer une page Internet pour Outrage et Rébellion, et chacun pourra piocher ce qu’il veut “. Une forme film est par ailleurs en projet, qui prendra la forme d’un “assemblage linéaire”. Sur Médiapart, le programme commence par Exercice de double pensée, une belle proposition de la jeune cinéaste Caroline Deruas. Le titre fait écho à la contradiction mise en scène ici entre le Code de déontologie de la police nationale, dont des passages sont lus en off, et les violences que celle-ci pratique au quotidien, dont des images sont diffusées sur le mur d’un vieil immeuble. Il fait référence à 1984 de George Orwell, dont un passage est cité, qui se termine" C'est en conciliant les contraires que le pouvoir peut se maintenir indéfiniment." La silhouette d'une très jeune fille dansant sur un morceau de musique punk rock, qui vient remplacer sur le mur celle des policiers en action ouvre le film sur l'idée d'une résistance joyeuse et salutaire, la croyance dans la vitalité et la puissance de rébellion de la jeunesse.

mardi 8 décembre 2009

Texte transmis par Christian CAZALS

Samedi 12 décembre 2009 à 16h Vieille Eglise du Castelas Rochefort du Gard FÊTE DU DROIT DES ENFANTS 1889 –1989-2009 Célébration du 20° anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant À l’heure où les droits élémentaires à vivre et à survivre sont foulés aux pieds dans le monde par ceux qui s’enrichissent des famines, des guerres et des épidémies, À l’heure où des états riches refoulent ceux qui devraient avoir le droit de vivre en famille dans le pays de leur choix, À l’heure où de plus en plus de gens considèrent l’enfant et le jeune comme un être inférieur en humanité, qu’on gâte pour le faire taire, juste bon à obéir ; à l’heure où il devient de plus en plus difficile pour nous de les écouter, de comprendre leurs besoins et de les aimer, À l’heure où se pose de plus en plus cruellement la question de savoir quelle planète nous laisserons à nos enfants et aussi quels enfants nous laisserons à notre planète, Il est important, contre la vague de violences qui semble devoir tout submerger, de revendiquer le rétablissement des droits, particulièrement les droits des enfants, ces hommes à venir qui demain peupleront notre terre. Préprogramme 16 h. - Accueil des personnes intéressées et des enfants 16 h.15 - Présentation du texte de la Convention ; historique des luttes pour son application, 16h.45– Théâtre interactif : saynètes d’enfants * Le droit au sommeil : les dormeurs du banc (d’école) * Quand l’enfant battu à la maison arrive en classe : De la famille à l’école * Conflit Père-fils devant un écran plat : Écran total 17.30.h. _ Théâtre interactif adulte :théâtre-forum : Rafle dans une cours d’école 18h.30 –Témoignages, questions et débat en présence d’un psychologue, d’un avocat et d’un historien- La soirée sera ponctuée de lecture de textes écrits par des enfants ou par des auteurs reconnus : un acteur lira, des enfants installés sur scène commenteront librement.

lundi 7 décembre 2009

Le Continent

Le Continent En figure de proue Les Almadies… le Cap Vert Isolée Déesse mythologique de l’océan Le regard Celui du guerrier. Nu Le danger Des espaces En feu Quand le soleil passe derrière la ligne d’horizon Chute dans la nuit maritime Le corps du roi Puissant Se tourne et découvre Gorée Ile des esclaves Le départ La haute mer Et les Amériques. Chant de l’artiste africain Du griot Sur les berges du fleuve.

vendredi 4 décembre 2009

Fausta prend son envol

Fausta , arrivée en Allemagne a pris aussitôt un train pour la vallée du Rhin. son amie d'enfance , Michelina , mariée depuis la nuit des temps avec un restaurateur d'œuvres d'art dont elle est visiblement toujours très éprise , coule des jours heureux à Oberwesel , bourgade riante de ce "Rheinland-Pfalz", tout près du fameux rocher de la Lorelei.... Cette sirène chère aux poètes romantiques .. Fausta aurait tant aimé être une enchanteresse , garder auprès d'elle l'aventurier volage.. Tant pis ! la vie est ainsi: imprévisible , sinueuse . "Pour avancer , sachons nous laisser flotter , on peut croiser de surprenantes barques , au fil du courant... Elle en a assez des avions , Pourquoi pas la lenteur et la majesté de ce fleuve-roi ?? Un léger vent soulève son écharpe vaporeuse . Debout au bord du ponton de l'embarcadère , elle attend le bateau-promenade , Mêlée aux touristes joyeux , elle s'installe à l'avant . Elle n'écoute pas les commentaires en langue germanique qu'elle comprend si peu, A l'approche du fameux rocher , le bateau ralentit . Gracieuse comme la fille de la légende ,Fausta se lève et se dirige vers le bastingage. Ses cheveux déployés échappent à l'écharpe qui s'envole soudain au dessus des flots, Trop tard ! Pfuitt! Fausta éclate de rire ,vivifiée par cette facétie d'Eole, d'un geste rapide , cassant la mince chaine, elle lance le diamant bleu loin dans les vagues , comme une offrande au fleuve. La vie coule en elle comme cette eau,sereine, Sans retour sur le passé, Elle veut nager seule et libre désormais.

mardi 1 décembre 2009

Hôtel The Elegant

Longues avenues de Windhoeck. Fausta dans un somptueux taxi. Un ami de Ben a prêté pour quelques heures ce carrosse des temps modernes. Étaler sa richesse. Fausta repose sur le siège arrière le corps étendu, les jambes largement relâchées. La visite du bar à bière lui permet de laisser aller son corps voluptueusement étendu sur les sièges de velours. Une légère sensation de vertige dans les virages, les ralentissements. Pourtant le chauffeur est un spécialiste mais l'emprise de l'alcool tellement forte que le corps fragile de Fausta réagit à la moindre agression. L'hôtel The Elegant est le havre de paix choisi par Ben. Il sait que le repos de la belle se fera en toute quiétude et que la table sera bonne. L'installation dans la chambre donnant sur le parc se fait avec forces courbettes et salamalecs. Un plongeon dans la piscine, une toilette soignée et minutieuse redonne vie à la belle danseuse sortie du sable du désert. Repas léger,"écologique" selon le maître d'hôtel, léger pour la nuit. Fausta s'étend sous une moustiquaire et s'endort en écoutant le roucoulement des oiseaux de la nuit africaine.Il fait encore sombre quand un petit tapotement éveille notre voyageuse qui dans quelques heures s'envole pour Munich . Le sac de voyage est vite bouclé et Fausta en le considérant pense qu'il ne lui reste pas grand chose. Une grande maison en Italie. Il faudra s'en débarrasser et s'éloigner de ce monde frivole des palais vénitiens, des fêtes somptuaires, des valets masqués et des éphèbes musiciens. Un petit déjeuner et c'est le départ. La route de l'aéroport est encore déserte et le trajet se fait sans encombres. Le parking désert et Ben pénètre dans l'immense hall principal. Enregistrement des billets, on se croise avec un groupe de touristes éméchés porteurs d'armes et d'appareils photos. On annonce l'arrivée d'un vol. Police de l'air. Papiers . Rien à déclarer. Sourire appuyé devant une aussi belle femme. Ben propose un café avant le départ à l'étage...il y a un restaurant. Le couple s'engage sur L'escalator. Quelques personnes descendent par l'escalier situé à gauche. Fausta encore dans un demi sommeil regarde vers le haut. Un couple descend . Le comte Gianfranco, une main sur l'épaule d'une sculpturale black. Regards . L'homme, le visage basané embrasse la femme. Les yeux de Fausta sont toujours fixés vers le haut. Sa main prend le diamant suspendu à son cou et le porte à ses lèvres.