Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.
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dimanche 7 novembre 2010

JAN PETRUS LE RETOUR





Déjà plusieurs mois que Jan Petrus, après une nuit Parisienne mouvementée dans les hauts Lieux Germanopratins et Montparnos du Dôme, du Flore, Blue Note et autres boîtes de jazz, nous a quitté pour l'aventure africaine sur la piste de Rimbaud, grand marchand d'armes et immense poète devant l'éternel, peut-être aussi pourvoyeur contre monnaie sonnante et trébuchante de coke, H, et autres produits favorisant le paradis artificiel de la"gentry" parisienne.
Et le revoilà. Dégingandé, amaigri, presque noir, des cheveux auburn tirant sur le rouge de henné, retombant en boucles sur les épaules, un sac de toile kaki en bandoulière.


"- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près."


C'est la Première Soirée... de Rimbaud  et aussi de Jan Petrus dans la ville Yéménite d'Aden où Rimbaud passa des soirées d'amour et de marchandage... Et de poésie.

"Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins."


Il débarque du Marseille - Paris à la Gare de Lyon.
Par économie, il est fauché et le chèque de l'éditeur va arriver à petits pas, l'atterrissage s'est fait à Marseille
et puis il aime bien cette gare... Le Train Bleu souvenir des années folles... un p'tit repas tout simple le replonge dans la vie parisienne. Un coup de rouge... autre chose que le thé des peuples du désert...

jeudi 29 juillet 2010

Le Mal Arthur Rimbaud

Le Mal



Tandis que les crachats rouges de la mitraille

Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu;

Qu'écarlates ouverts, près du Roi qui les raille,

Croulent les bataillons en masse dans le feu;

Tandis qu'une folie épouvantable broie

Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;

-Pauvres morts! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,

Nature! ô toi qui fis ces hommes saintement!...

-Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées

Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or;

Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées

Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,

Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir!


Arthur Rimbaud (1854 ; 1891)