Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

vendredi 9 avril 2010

Jan Petrus. Petite chambre de l'hôtel du Panthéon. Gravure bizarre

Hôtel du Panthéon
Nuit lourde
L’alcool coula à profusion au Dôme.
Malgré la marche à pieds
Dans la froideur de l’hiver
La tête tourne et les yeux sont troubles.
Jan Petrus prend une longue respiration dans le petit matin.
C’est décidé
Il va déambuler jusqu’au café de Flore.
Son Q.G quand il débarque dans le Paris de ses jeunes années.
Pas alerte pour éveiller la vieille musculature
Le jardin du Luxembourg
Et direction St Germain des Prés.
Des galeries
La porte encore close.
Des tableaux…Des photos…
Un Titan accroupi accroche son œil de spécialiste.
Il reviendra.
Ouais ! C’est sûr.
Enfin s’écrouler sur le siège qui lui tend les bras.
Encore le désert.
Des noctambules passent rapidement et vont s’enfiler dans les draps de quelques bouges.
Un p’tit crème et un croissant.
Il se met à rêver.
Aux Titans.




jeudi 8 avril 2010

Théâtre de Grammont à Montpellier. Ode Maritime de Fernando Pessoa

Le Théâtre des 13 Vents au Théâtre de Grammont à Montpellier présente " Ode Maritime " de Fernando Pessoa dans une mise en scène de Claude Régy. Derniers spectacles Vendredi et Samedi à 20h45.
Nous rendrons compte de ce spectacle dans le billet du Dimanche 11 Avril 2010.

Ode Maritime de Fernando Pessoa




     Fernando Pessoa et son Ode Maritime : il y a si longtemps que M. Paul Petrogalli m'avait conseillé, dans un commentaire, d'en publier des extraits !
Il n'est jamais trop tard et je commence aujourd'hui...

Toute la vie maritime !  Tout dans la vie maritime !
Dans mon sang s'insinue cette séduction subtile
Et je rêve de voyages sur un mode indéterminé.
Ah !  Les lignes de côtes lointaines, aplaties par l'horizon !
Ah ! Les caps, les îles, les plages sablonneuses !
Les solitudes maritimes, comme certains moments dans le Pacifique
Où, par l'effet de je ne sais quelle suggestion apprise à l'école,
On sent passer sur les nerfs le fait que c'est là le plus grand des Océans,
Et le monde, et la saveur des choses deviennent un désert
     au-dedans de nous !
L'étendue plus humaine, plus éclaboussée, de l'Atlantique !
L'Indien, de tous les océans le plus mystérieux !
O Méditerranée, douce, sans aucun mystère, classique, ô mer
Bonne à lécher des esplanades regardées par des statues blanches
     en des jardins proches !

Toutes les mers, tous les détroits, toutes les baies, tous les golfes,
Je voudrais les presser sur mon sein, les bien sentir, et mourir !
Fernando Pessoa.
Ode Maritime.
Traduction Armand Guibert
Editions Fata Morgana.
Et aussi : "Les Carnets de la Licorne" : http://lalicorne.canalblog.com/

Par pierre escaillas - Publié dans : F. PESSOA 
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Jeudi 6 septembre 2007
     Toujours avec F. Pessoa et son "Ode Maritime"...

Ah, les paquebots, les charbonniers, les navires à voile,
Se raréfient, pauvre de moi !  les navires à voile sur les mers !
Et moi, qui aime la civilisation moderne, moi qui baise
   de l'âme des machines,
Moi l'ingénieur, moi le civilisé, moi élevé à l'étranger,
J'aimerais n'avoir encore sous les yeux que des voiliers
   et des bateaux en bois,
Ne connaître d'autre vie maritime que l'antique vie des mers !
Parce que les mers anciennes sont la Distance Absolue,
Le Lointain pur, libéré du poids de l'Actuel ...
Et, las !  Comme tout ici me remémore cette vie meilleure,
Ces mers, plus vastes, parce qu'on y naviguait plus lentement,
Ces mers mystérieuses parce que moins connues ...

Fernando Pessoa, Ode Maritime.
R.d.V sur les "Carnets de la Licorne" : http://lalicorne.canalblog.com
Par pierre escaillas - Publié dans : F. PESSOA 
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mercredi 7 avril 2010

Visite imprévue pour Jan Petrus

 
 Le porche était ouvert, il est entré.
La salle était-elle un lieu de répétition?
Des femmes allaient et venaient,
De part et d'autre d'une enfilade de panneaux peints .
Au mur, d'autres tableaux aux couleurs violentes,
Au fond , une baie vitrée débouche sur un patio inondé de lumière,
Mais il n'ose pas s'avancer,
On parle fort,
Des tissus s'entassent dans un coin,
Odeur de grillades de poisson dans la cour .
Rester ou partir,
Jan Petrus ne sait.
Il attend.
Au Lieu Noir,
Pour voir.

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Pour les lecteurs inquiets sur Jan Petrus. Qui est Jan Petrus? Christian CAZALS

                                                                              agnès mottelet


Ode sauvage à Jan Petrus

Jan Petrus grand arpenteur du monde
Visionnaire
Et pour fixer les images que lui seul voit
Photographe
Peintre
Dessinateur
Va en solitaire sur les plages désertes
Parfois il interrompt ses marches désespérées
Et se plonge dans les vagues
Le bonheur des flots fracassés sur le rivage
Il est nu
Et le soleil caresse son corps
Alors il s’étend sur le rivage
Ferme les yeux
Et contemple le ballet des sirènes.

Jan Petrus collabore parfois à notre blog
Et nous laisse un billet
Chantant la beauté
D’une femme
D’une peinture
D’une sculpture
D’une œuvre contemporaine.

A l’occasion Jan Petrus tourne dans un film
Ancien acteur
Interprète des battements de cœur des pays qui cherchent une identité
Il cherche la révolution
Parfois le combat.
Les p’tits hôtels sont ses refuges pour la nuit
Parfois deux jours.
Pas plus.
Il revient de Cuba.
Un billet concernant une fille aux cheveux rouges.
Des musiques dans la ruelle imprégnée de l’odeur du cigare.
Un bandonéon crasseux sur le capot d’une vieille dodge des années 30.
Et pour la nuit…..
Pour la nuit….
Rêvez.
Demain la vie parisienne.

Poème de Jim Morrisson sur Gymnopédies d'Erick Satie.Envoi de Christian Cazals et Jan Petrus.

Po

dimanche 4 avril 2010

"Fictions" au chant de la terre, librairie à Pont St Esprit (Gard)

Le lieu, situé dans une rue étroite de la petite ville de Pont... entre Vaucluse, Ardèche et Drôme  provençale, est lui même un lieu de fictions , ces créations de notre imaginaire qui n'en finissent pas de naître dans nos rêves, nos pensées quotidiennes, nos gestes qui parfois donnent naissance à des contes vivants, des expressions de nos sens, des chants. On pousse la porte, on entre, un sympathique libraire déroule sous nos pieds un tapis rouge élimé et virtuel et nous désigne le lieu de l'accrochage.
Jonas est enfermé depuis trois jours dans le ventre de ce magnifique poisson bleu qui fait de l'oeil. Il est agrippé aux dents en forme de barreaux et regarde l'assemblée en ricanant. Quelle farce pour ce mois d'Avril!!! Il fait froid chez les gens de la terre et lui repose dans la chaleur maternelle de ce magnifique cétacé. Sur les murs se bousculent des hommes, des femmes, il doit bien y avoir des chats ou d'autres mammifères . Et la couleur... merveille de travail qui brise la ligne droite ou le cercle parfait. Il y a le dessin, la manipulation du corps, parfois le mouvement inversé, une danse... je le confirme une danse. L'extase n'est pas loin.
J'aime cette fête galante qu'est le Conte Satyrique plongé dans le rouge. Le rouge de l'enfer bienfaisant, l'enfer des nuits sans lune . Nous sommes dans un boudoir tendu de velours et le chant de gorge déployée enveloppe les soupirs et les mots chuchotés.
Le Titan porte sur ses épaules toute cette énergie. Un chant d'oiseau sous la ramée. Des mains et des bouches qui s'égarent... La terre chante.