Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.
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jeudi 16 septembre 2010

La Barque...le Styx...

- Il me dit: J'ai vu Charon détacher la barque.
Le fleuve était recouvert d'une épaisse nappe de brouillard et je lançai mon filet argenté.
L'esquif était remué par les flots.
Étendu un corps gisait sur le fond, une pièce d'argent entre les dents.
C'était son ultime voyage.
Les ténèbres approchaient,les falaises des enfers se découpaient avec de plus en plus de précision.
Inlassablement, le regard fixé sur Charon et son équipage funèbre, je lançai le filet, le remontait,
et le lançait à nouveau.

mardi 29 juin 2010

Le Passeur . La barque de Charon. Impro pour un tambour et une contrebasse.

Le Passeur

Traverser les ondes
flotter sur les remous de la vie
le passeur éternel sans âge,
puisse-t-il accoster aux rives lumineuses....

                                                                   ( croukougnouche)


Le tambour voilé et la contrebasse improvise sur la lecture du texte de Pascal Quignard

La barque de Charon


Mais ce n'était pas une barque. C'était un aliscaphe. Nous montâmes sur la passerelle en fer. Nous prîmes l'aliscafo et nous quittâmes l'île. Je tenais sa minuscule main dans ma main tant le bateau bougeait et tant elle était effrayée. Il y avait un peu de houle. Il y avait beaucoup de vagues. C'était le début de l'automne. Nous débarquâmes. Nous montâmes dans la colline. Dans le soleil pâle le parc de Virgile était très beau et pris de brume. La pelouse était toute déserte et bleue. Le silence était total. Il semblait qu'il n'y eût personne. L'enfant ne parlait pas. Je la perdis de vue. Je la redécouvris à l'angle de la maison du gardien. Elle se tenait accroupie devant le grand parterre de frétillaires blanches. Elle avait quatre ans. Elle ramassait les feuilles mortes, les défroissait, les dépliaient longuement sur sa cuisse avec la paume de sa main et les rangeait, les tassait dans son sac en plastique bleu vernissé qui brillait dans le soleil. Nous attendîmes longtemps à l'arrêt de bus. La route qui montait au Vésuve par le flanc ouest faisait de longues boucles sur le mont Eremo. A un kilomètre de Calle Umberto ce fut le parking et nous descendîmes du bus. Nous nouâmes les lacets des grosses chaussures de marche. Elle se frottait le bout des doigts parce qu'ils étaient couverts de cendres. A pied nous traversâmes le petit chemin de lave qui conduit à la Valle dell'Inferno. Puis nous revînmes par la falaise. Le vent du large souffla brusquement sur nous à l'instant où nous fûmes parvenus en haut de la falaise. L'air sur la falaise était une énorme vague transparente qui se perdait dans le ciel, rebroussant soudain son souffle. Le bleu du ciel gagnait les habits des hommes, de nous tous qui nous tenions penchés en avant, regardant la grève en contrebas, la mer en contrebas, la barque qui venait silencieusement vers l'île, penchés au dessus de la paroi de tuf qui s'était effritée sur la grève noire. C'était d'une extraordinaire beauté.