Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

mardi 21 décembre 2010

Léopold Sedhar Senghor




Que je dorme sur la paix de ton sein,
dans l'odeur des pommes cannelles.
Nous boirons le lait de la lune,
qui ruisselle sur le sable à minuit.

modèle: Catie                                         ©christian cazals
                                                      (Léopol Sedhar Senghor)




Pendant une période de 2 mois environ les différents billets de ce blog parviendront sur un rythme aléatoire
depuis un cyber café de brousse.
Cependant vous pouvez expédier des mails qui nous parviendront malgré les interruptions techniques qui sont fréquentes.   Hasta la vista

VANITE DES VANITES

" Vanité des Vanités tout est vanité "

                                                   
L'Ecclésiaste




...et poursuite du vent.

samedi 18 décembre 2010

C'était Boris Vian.

Boris Vian était un musicien, il jouait de la trompette.
C'était un écrivain.
En 1947 il publie l" écume des jours". J'avais 7 ans et le bruit des bombes résonnait encore dans ma tête.
Je commençai à savoir qui était Hitler, Pétain...
Et puis il a écrit le Déserteur, et chanté.
D'autres aussi.
Il participait à des films.
A 10 ans j'ai lu sous le manteau "J'irai cracher sur vos tombes". J'ai bien aimé.
Boris Vian a fait un film. Qui fut interdit. En visionnant la copie de ce film son cœur a dit MERDE.
Il s'est transformé en fleur, s'est étendu, s'est arrêté de battre.
 



 

vendredi 17 décembre 2010

Affronter le Vent

Nus au désert

Sexe tendu face au rugissement   ELLE  s'ouvre en corolle
                                                                                        de blanche laitance
                                                                                        de carmin échevelé

chevelure

les bras sont en extase
et le ventre chante un AVE.

Nus au désert ils vont, s'aiment et se giflent

leurs pas dévalent les dunes, s'abîment sur les roches, et leurs ongles se pénètrent en flagellations purpurines.

Le sable masque l'horizon

l'œil brûle,               DES LARMES DE SABLE


Un dromadaire urine et blatère,


                                                 loin au delà du défilement des dunes  le tambour voilé.


J'AIME ÉTREINDRE LA FEMME SOUPLE DANS SA MAGNIFICENCE.


La Boussole s'affole.



© Décembre 2010 christian cazals

LES FILLES ROUGES

Samedi 18 Décembre
"Les Filles Rouges"
Montpellier
"En l'Honneur de Bacchus, il y aura du vin" 

"CHAUD"
©  Agnès Vincent BALAY

Venez Tous.

Déambulation centre ville
Entre Chambre économique
&

Place de la Comédie
14h30

I3akicoeur a ajouté un nouveau commentaire sur votre message "LES FILLES ROUGES" :

Bacchus, ou plutôt ses représentations, sa métaphore on va dire, l'ont toujours accusé, à tort, à mes yeux. C'est un personnage de luxure pour lequel j'ai toujours eu du mal à m'enchanter. Du moins avant. Avant ma vie, avant, pendant les cours de latin, les pièces de théâtre. Avant le monde. Maintenant, il m'attire particulièrement, je ne saurais l'expliquer ou peut-être à cause de mes racines Lusitaniennes.

mercredi 15 décembre 2010

de César Portillo de la Luz

Pas un moment de la journée
où je puisse m'éloigner de toi
tout semble différent
quand tu n'es pas près de moi.

Pas de belle mélodie
où tu ne surgisses pas
et je ne veux pas l'entendre
si tu ne l'entends pas.

Car tu es devenue
une part de mon âme
rien ne peut me consoler
quand tu n'es pas là.

Au-delà de tes lèvres, le soleil et les étoiles,
même loin, mon aimé, je suis près de toi.


Cesar Portillo de la Luz
( Contigo en la distancia)


LE TUNNEL . Ernesto Sabato

".... en tout cas, il n'y avait qu'un tunnel, obscur et solitaire: le mien."


Ernesto  Sabato. 

mardi 14 décembre 2010

La Position du cocher de fiacre.

De Bernard Marie Koltès:

La position la plus humaine, il me semble, c'est celle du cocher qui attend, celle de l'assouplissement.
On n'est définitivement pas assez bien fait pour se sentir bien debout, et couché, à la longue, on s'énerve ou on devient idiot.
En position assise, avec le menton sur la poitrine, les yeux fermés - aux trois quarts ou tout à fait -,l'oreille en état de marche, les bras un peu écartés pour l'équilibre, comme ça, ça me plairait assez de passer la vie.


(Je fus découvert au petit matin dans cette position et emporté dans un char motorisé, escorté par des fées et des anges.)

lundi 13 décembre 2010

FESTIVAL Mondial des Arts Nègres de Dakar 10 au 31 Décembre2010

Festival mondial des arts nègres

10 décembre 2010

La troisième édition du Festival mondial des arts nègres se tient du 10 au 31 décembre 2010 sur le thème de la « Renaissance africaine ». Les précédentes éditions se sont tenues à Dakar en 1966 et à Lagos en 1977.

L’équipe organisatrice a d’ores et déjà donné les grandes lignes des festivités prévues du 10 au 31 décembre 2010
Le comité d’organisation a annoncé la participation déjà confirmée d’environ 60 pays qui seront représentés artistiquement lors des différents événements. Les villes de Dakar et Saint-Louis se partageront les festivités qui, bien qu’à l’honneur de la culture noire sont ouvertes à tous. Les sites confirmés sont entre autres le stade Léopold Sédar Senghor pour la cérémonie d’ouverture, l’université Cheick Anta Diop (la foire au livre), la place de l’obélisque (gastronomie) , la place du souvenir (cinéma), le théâtre Daniel Sorano ( danse et théâtre).
Les organisateurs du festival mondial des arts nègres viendront également en appui aux festivals locaux.
Historique
Dakar, capitale d’un jeune Etat nouvellement indépendant, s’est tenu le Premier Festival Mondial des Arts Nègres du 1er au 24 avril 1966. Cette manifestation couronnait, pour ainsi dire, la réconciliation de l’Afrique avec elle-même après plus d’un demi millénaire de chaos avec des épisodes aussi douloureux les uns que les autres, et qui ont pour noms esclavage, déportation, colonisation. Elle apportait par la même occasion la preuve que l’Afrique avait réussi à transformer la déportation en richesse, par le dynamisme de ses diasporas qui, à l’occasion, ont prouvé qu’elles avaient semé un bout d’Afrique partout où la barbarie des hommes les avait conduites.
Le second Festival tenu à Lagos, au Nigeria, du 15 janvier au 12 février 1977, a été celui de la confirmation, « un rendez-vous d’honneur pour la concertation et non pour l’affrontement, pour la recherche, sous l’arbre à palabres des points de convergence de nos cultures respectives nourries à la même source, des mêmes indestructibles ferments ». Depuis lors, malgré la tenue du premier pré - colloque du Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar du 13 au 15 décembre 1980, aucun festival de l’envergure de ceux déjà réalisés n’a pu être organisé. La Conférence des Ministres de la Culture du Monde Noir qui s’est tenue la même année à Dakar du 17 au 18 décembre, donnait mandat au Sénégal, Président de la session, d’entreprendre des consultations et de faire un rapport à ce sujet.





HYPNOS 4. Le sommeil dure longtemps dans ton coeur qui s'effrite et qui mord mon coeur qui saigne par les veines du front.

C'est lent, lent, un lac de bitume qui se déverse en cascade bouillonnante sur les roches agressives de la pensée, lumineuses réflexions en éveil, la marche hésitante,
les jambes se dérobent, le cœur souffre les éclairs sont multiples et des flammes lèchent le corps Prométhéen.
Il pleure des larmes de sang, marche hésitante et glissement furtif sur le sol immaculé
d'une chambre cellule, éclairage blafard, chant soupir dans l'arrière gorge, luette recouverte d'un mucus blanchâtre, étouffement et grâce, le corps se dresse, assure l'équilibre, chant des passereaux dans l'arbre dépouillé.

La marche retrouvera les marques des pas, les cendres montrent le passage hésitant puis dans un rythme fou la DANSE il y a UNE CHORÉGRAPHIE dans son déplacement.
Une jouissance des gestes retrouvés.

Les veines bleuissent le ventre, le sexe la vie.



samedi 11 décembre 2010

PENTHESILEE.


Frappe au Cœur

Frappe au Sexe

Frappe au Visage

Penthésilée

"Frappe moi et emporte mes restes"



ROIS et REINE de Arnaud DESPLECHIN

Le Jeudi 9 Décembre Arte a présenté le très beau film d'Arnaud Desplechin "Rois et Reine".
Se croisent dans cette oeuvre cinématographique Mathieu Amalric, Emanuelle Devos, Maurice Garrel en vieil écrivain au seuil de la mort et dont le journal représente un testament définitif, le dynamique J.P Roussillon dans le beau rôle de composition d'un épicier qui au delà du commerce routinier, se pose en bienfaiteur, adoptant un enfant. Cependant son geste charitable est bien mal récompensé.
Ce film est le morceau d'une vie familiale remuante et pleine d'acteurs attachants. C.C


vendredi 10 décembre 2010

Exposition consacrée aux éditions Al Manar
du vendredi 10 décembre 2010 au samedi 22 janvier 2011
au
cipM


Vernissage de l'exposition le vendredi 10 décembre 2010, à partir de 18h30
au cipM

suivi d'une présentation des éditions par
Alain Gorius

et de lectures de
Joël Leick, Siham Bouhlal, Vénus Khoury-Ghata et Tahar Bekri



Présentation :

Nées au sein de la Galerie Al Manar, Casablanca, dirigée par Alain et Christine Gorius de 1994 à 2003, les éditions Al Manar sont en perpétuel devenir.
Leur premier titre, Stellaires dans la nuit des rêves, poème d’Alain Gorius accompagné d’une gravure de Yamou, fixa une ligne éditoriale : les livres à venir relèveraient tous d’une collaboration entre auteurs et plasticiens du Nord et du Sud de la Méditerranée.
Trois ans plus tard (1999), une première exposition de bibliophilie contemporaine, « Peinture et livres d’artistes », montrée d’abord à la Galerie nationale Bab Rouah, à Rabat, itinéra à Sète, Dreux, Rambouillet, Croissy-sur-Seine.
En 2001, l’exposition « Maroc contemporain : peinture et livres d’artistes » rassembla dix artistes marocains et cent trente œuvres (peintures, sculptures, livres d’artistes) au Stapelhuis de Bruxelles (coproduction De Markten/Al Manar), sur 600 m2 et pendant cinq semaines. La même exposition, enrichie de livres et d’œuvres nouvelles, fut présentée, à l’invitation de l’Institut français de Tanger, au Salon International du Livre de Tanger, en janvier 2003, et en juillet 2003 à Essaouira.
En février 2006 l’exposition « L’art et le livre », montée par la galerie Delacroix de Tanger, en parallèle au Salon International du Livre de Tanger, présenta, à côté de livres originaux réalisés par Picasso, Nicolas de Staël, Matisse, Giacometti... vingt-trois livres d’artistes et tirages de tête des éditions Al Manar.
Ces expériences, multiples, toujours enrichissantes, firent évoluer Al Manar, dont le champ littéraire s’affirma, avec le temps, plus largement méditerranéen.
Aujourd’hui les éditions Al Manar éditent des livres qui sont autant d’espaces de rencontre entre écrivains (souvent francophones) et artistes-peintres originaires de tous les bords de la Méditerranée.
in le ' ' ' Cahier du Refuge ' ' ' 195, décembre 2010
Extraits :


Siham Bouhlal

Je cherche ces chemins
Sibyllins
Allant de ton coeur
À mon coeur
Je les emprunte
Scie en mai
Dans le ventre
Des glaciers
J’avance
Comme un soleil
Noir
Une frondaison
De poème
Sur les flancs
Des séracs
J’avance
Sans me retourner
N’écoutant
Que le seul rêve
De ta voix
Qui me mènera
Dans les profondeurs
De l’étroitesse
D’une main habile
Jusqu’à cet
Autre qui
T’attend de moi
[...]



Vénus Khoury-Ghata

Le soleil s’interposait entre nous à la moindre querelle
On s’empoignait pour une parcelle d’ombre
Un caillou à deux faces
Une plume d’oiseau mohican
Le frère jurait sur l’honneur de la famille ne s’être jamais
dévêtu devant un ruisseau
Ni marché sur le pied d’une abeille
La mère tenait son rang parmi les marmites respectées
Notre garde manger regorgeait de bavardages copieux
Nous étions opulents nécessiteux
Tristes facétieux
Parcimonieux et grands seigneurs
[...]


Tahar Bekri

I

Je ramandais tes rêves
Rongés par l’usure
Jours sans voiles départs immobiles
Les mâts confondus avec les rames
Le long des rivages sauvages
L’un tombe l’autre se relève
Par les soirs où s’évade la vague
Légère et lourde de tant de remous
Cette chanson qui se consume
Emportant le souvenir
Feu et flamme contre l’oubli
Diras-tu au soleil de ne pas se coucher
À l’horizon des habitudes
Plus la nuit est longue
Plus le réveil manque d’éveil

in ' ' ' le Cahier du Refuge ' ' ' 195
    

jeudi 9 décembre 2010

Hypnos 3 L'éveil.

Les souvenirs sont arrimés avec des filins de tendresse  ( M. Van Hamme )



Ce sont les jambes, une se replie

on lui demande de l'étendre
elle
fait mal.
Le corps se réchauffe
Comme si la vie pénétrait
se glissait à l'intérieur.
se lovait au creux du ventre.
le sexe gonfle,
se tend
puis se repose.
Les yeux sont maintenant ouverts
regardent
et saisissent les personnages qui défilent vite
des petits
des grands
des gros.
Défilé ininterrompu
ballet
mise en scène bizarre du mouvement perpétuel.

Et c'est enfin le beau sourire d'une jeune fille.
Elle lui propose de partir
il est couché sur son brancard.

Une chambre.
Enfin le calme et le confort d'un lit douillet.

Seul.
Dans le calme et la méditation de l'instant.
A l'extérieur
Les bruits étouffés de la vie.
Des paroles lointaines.
Il replonge dans le sommeil.

mercredi 8 décembre 2010

Mes ailes sont intactes.







" Il est difficile d'emprisonner ceux qui ont des ailes "

                               CAIO . F

HYPNOS - L' éveil 2

Les yeux s'ouvrent, le regard balaie l'ensemble du long couloir, à droite, à gauche, des brancards, des plaintes, des voix étouffées, éclairage blafard, lumière vaporeuse, il sent le long du bras comme un serpent qui grimpe et lui caresse l'épaule. Les yeux se referment , épuisés, les paupières lourdes , une larme, un soupir, dans la tête quel nom? Jean, Pierre, les syllabes s'entrechoquent, les lettres grimpent les unes sur les autres, les mots se déforment. SAIT PLUS. Étrange difficulté.


Un homme se penche 
Quel nom?
Dans un souffle presque inaudible
PIERRE
La voix roule accroche.
QUOI?
Rue du grand Cellier.
c'est son adresse.

L'homme se retourne et repart.

Le sommeil veut reprendre ses droits
la tête lui fait mal
un frisson étrange dans les jambes
le ventre fait mal.
Il dort à nouveau.



© Décembre 2010. Ce texte n'est pas une fiction

mardi 7 décembre 2010

Hypnos. L'éveil.

Bourdon dans ses oreilles, poignet droit et douloureux. Il sent comme un ange se penchant sur lui. Une jeune femme lui demande son identité qu'il ne peut pas dire. Ses yeux se referment. Toujours le bourdon et la tête douloureuse. Autour de lui des pas, parfois un éclat de voix, un rire, des bruits étranges, des pas des rapides, des lents, qui traînent, claquent sur le sol de carrelages luisants, odeurs diffuses.
le poignet est douloureux
il regarde
un tube et son bracelet bijou africain
s'imprime profondément dans sa chair.

rien dans sa tête
ne comprend pas ne sait pas où il se trouve
il frotte son poignet qui devient moins douloureux
moins creusé par le métal.

on court autour de lui
activité intense
lentement des images reviennent à la surface.

Trou noir
dans lequel il replonge. (la rédaction de ce moment continuera demain)

lundi 6 décembre 2010

Merci Catia. No et Moi Delphine de Vigan

- Je vous ai dit, je regardais la mer, j'étais caché dans les rochers et je regardais la mer.          J.M.G.  LE CLEZIO,  Lullaby.


Dans mon lit je pense à la femme du kiosque à journaux, il y a cette phrase qui me revient," c'est une fille qui vit dans un autre monde que le tien."
Moi je m'en fous pas mal qu'il y ait plusieurs mondes dans le même monde et qu'il faille rester dans le sien".


                                                                                     *

mercredi 1 décembre 2010

Prise à bras le corps. Le premier bain du matin

Je l'ai prise à bras le corps. Mer étale.
Algues remontées des profondeurs liséré blanchâtre en bordure de plage.
vent froid du matin (il est six heures, au matin) je tremble et ma nudité parcourue de rouge sang sous la peau, les yeux encore dans le sommeil, j 'ai vu d'étranges femmes aux seins lourds se pencher vers moi et parcourir mon corps de leurs ongles recourbés. Des griffes de chat.
Je l'ai prise à bras le corps cette mer en forme de ventre. Les dernières étoiles se mirent, un enfant chante sur la plage. Il me tend la main. Il est parti de chez lui me dit-il, la maison du village au toit de tôles ondulées, celle du pêcheur de crabes. Son père le frappait et sa mère hurlait. Une virago je pensai.
Une raie géante incrustée de minuscules pierres arrachées aux falaises des profondeurs marines par les courants froids venus du Nord, une raie de bois poncé, bousculée sur les rochers proches du rivage et sur lesquels viennent se briser les barques en perdition, se déchirer les naufragés tentant de rejoindre à la nage quelques criques salutaires.
L'enfant pleure sa solitude.
Je pénètre l'onde bienfaisante et mon corps s'éveille au contact de la fraîcheur des éléments.
Je disparais, mon visage, les lèvres, les yeux,les oreilles, sentent le contact du sel, les picotements,les grondements sourds tambourinent aux portes des tympans.
Je suis la mer et pénètre la profondeur liquide et sombre. Le soleil levant n'a pas la puissance pour illuminer le champ liquide dans lequel mon corps se revivifie.
L'enfant est assis sur la plage et tient dans sa main un coquillage vide, l'intérieur est d'une belle couleur pourpre, des concrétions de calcaire très ancien, serpentent sur la carapace dure finement ciselée par la nature.
Désir de rester et de disparaître pour les siècles à venir.
Je quitte ce lieu avec regret. L'enfant est sur la plage. Le sable glisse le long de ses jambes. 

mardi 30 novembre 2010

L'arbre aux mille visages

A la demande de certains lecteurs intrigués par la photo de l'arbre sacré, l'arbre aux mille visages, je fais paraître un billet concernant cet arbre, un billet certes succinct, mais qui nous permettra de pénétrer dans ce mystère de la philosophie africaine, des pratiques rituelles qui sont trop souvent mises de côté dans nos villes et nos campagnes, ou tout simplement moquées.
Au cours de mon prochain voyage je pense approfondir cette connaissance et pouvoir ainsi vous la transmettre.

Christian CAZALS





Il repose solidement sur ses deux pieds. Ancré au sol.
C'est l'arbre sacré. L'arbre gardé jalousement par les femmes du village, comme on surveille le nouvel époux.
Il a de multiples visages, multiples regards, multiples oreilles. Ses différentes bouches servent à le nourrir, ce sont des porte voix qui peuvent murmurer des mots doux et plein de sagesse, il projette sa voix très loin, dans la brousse et parmi l'entrelacs des étangs et des rivières.
C'est un griot souverain. Le plus grand par sa hauteur et son envergure. Le baobab n'est qu'un petit buisson à son côté. A moins que ce ne soit le roi des baobabs dans une autre vie. Son regard est vif. Ses yeux transpercent les visages et vont fouiller jusqu'au plus profond de l'âme de son interlocuteur.
Il l'oblige à baisser le visage et à écouter les paroles de sagesse des mille bouches du roi des arbres sacrés.

lundi 29 novembre 2010

Edmond Jabes





Je suis à la recherche
d'un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche....


Edmond Jabes

samedi 27 novembre 2010

Dans les rues de Dakar. Sur un trottoir dans la foule bigarrée.

LE SCULPTEUR



Bois et ventre rond.
Rouge de terre assis sur le sol parsemé
sculpte le bois et ponce la pierre.
Les yeux du masque sont de verre
la corde usagée souligne la barbe du sage en prière.

Jusqu'au chant de la nuit il frotte
griffe
use de la gouge
dentelée.





ISBN: 2-296-01765-7
L'Harmattan
christian CAZALS

vendredi 26 novembre 2010

jeudi 25 novembre 2010

Souffrance du modèle.

... De trop voir son image exposée, 
ses cheveux, son visage, son corps, dans le tourbillon des feuilles mortes,
 protéger le modèle, 
ne pas le cacher 
mais l'aider dans sa vérité poétique, 
l'emmener dan le royaume des fées....


*

Les Mots comme...

Les Mots comme les galets

roulés par la mer sortent de la bouche sombre des profondeurs


LES ABYSSES
les rejettent
la bouche vocifère
et ce sont les plaintes
les cris
ils encombrent la plage
entravent la marche du promeneur
lui font découvrir
l'humide
le galet devient glissant battu par les flots
c'est un organe que l'homme porte en lui
le cœur bat
et l'écorce de granit se veine de rouge,
de bleu
de vert
de pourpre auquel est accroché
le mollusque carnassier du même non
et qui bave rouge foncé
violet funèbre.

Les mots je les dis
les chante
accompagne mon rythme drum.

Les mots emportent mon cœur.


Et toi?

mercredi 24 novembre 2010

L'Or des mots.

S'écoule l'or des mots.
Ta bouche argentée
en cascade
un flot ininterrompue et lumineux.
luisantes roches
en diamants dressés.
L'arbre mort est planté au centre de l'œil.
Le sel bienfaisant des larmes se répand sur le trajet sombre de ton visage

                                                                                                          carminé.

En réponse au billet concernant "Sons de la Poésie" de Charles DANTZIG

eigh8t a ajouté un nouveau commentaire sur votre message "Sons de la Poésie. Charles DANTZIG" :

Relevons seulement ce passage de Charles :

«La poésie est une production de solitaire et sera mieux reçue solitairement. Elle nécessite du recueillement.
De plus les lectures publiques tendent à la faire confondre avec l’éloquence dans l’esprit du public. Et qui sait si à la longue l’auteur ne deviendra pas un bluffer en écrivant pour satisfaire cette confusion?
Que, anciennement, la poésie ait été lue en public est une preuve puérile. Le nouveau peut être meilleur que l’ancien.»

???

Qu’arrive-t-il à l'intelligence humaine ? D’où viennent ces œillères – culturelles, didactiques, lexicales ?

Voici l’Afrique, l’Inde, la Chine et cent contrées, cent mondes nous offrant leurs poètes, leurs chantres virtuoses, leurs chamanes exaltés – naïfs, conscients, lucides, maîtres de leurs moyens, inspirés dans leur art.
Leurs langues, classiques, dialectales, leurs styles secs ou fleuris y portent aussi bien à l’émotion intime qu’à l’introspection ou à la transe collective !

Les fioritures extrêmes du « kriti », le « récitatif aux huit timbres », le « chant chuchoté » – tant d’extraordinaires particularités de tous les arts du monde, les uns traditionnels, les autres récents (y compris les concerts de l’art pop, l’art vidéo, les « performances », la « culture urbaine »…) vivent manifestement hors cadre dantzigien ! mais saisissent le rapport au monde et rythment l’action bien plus sensiblement qu’un poème dans son livre.

Charles ! C’est ici :

mardi 23 novembre 2010

Trop c'est trop

Trop c'est trop.
J'ai trop donné.
trop de cris trop de larmes trop de regards et trop de soupirs
trop aimé
il y a trop de pensées dans l'attente.
Trop vouloir donner.
J'ai trop donné.
Elle a trop reçu
jusqu'à l'épuisement.

qu'elle me pardonne.

Don incontrôlé de soi, de moi, jusqu'à l'épuisement j'ai trop donné.

Oui. Trop c'est trop.



dimanche 21 novembre 2010

Remerciements au blog Chronophonix. The Doors





Remerciements++++ à Chronophonix pour son travail sur Jim Morrison.


Léo Ferré un autre poète.

Tombe de Jean GENET.

 1910-1986


Jean Genet a choisi cette terre marocaine, anciennement portugaise, face à l'océan. Il vivait dans cette petite ville de Larache avec son ami marocain. La terre est rouge. La tombe peinte au blanc d'espagne est lumineuse sous le soleil.
Le calme règne dans ce lieu.

vendredi 19 novembre 2010

Jean Genet. ECRIRE C'EST LEVER TOUTES LES CENSURES.

Jean Genet vit une seconde vie, celle de la Mort,sur un promontoire Marocain battu par les flots dans la petite ville de Larache, au sud de Tanger. C'est un ancien cimetière Portugais, les tombes sont belles. Lorsque j'ai vu la pierre sous laquelle il repose un chien errant m'a regardé. Il est venu se frotter contre mes jambes. Le ciel était gris et il pleuvait. Les embruns nous frappaient le visage. Il y a eu des larmes et un moment de silence.

Guerre en moi...




Âmes errantes dans la cité déserte
Les ruines
Guerre en moi
chez l'homme en souffrance.

mercredi 17 novembre 2010

Sur le toit....

Les jours d'angoisse, les moments de nostalgie, j'aime me retirer sur le toit de la maison Malaparte. C'est une maison qui se dresse sur l'île de Capri; elle est cubique le toit est horizontal. On y monte par un escalier majestueux. Cette maison a servi de décors au film de J.L.Godard  "Le Mépris". Du haut de ce toit j'aime retrouver Ulysse revenant à Ithaque. Mais Poséidon le Dieu de la mer s'acharne contre lui et le voyage dure une éternité, l'éternité de nous autres mortels.Sur le toit de cette maison dont les murs sont rouges, construite à l'aplomb de la falaise trouvant son origine dans la Méditerranée, je laisse mes pensées retrouver l'énergie qui souvent me fait défaut
(Pour le lecteur désireux d'élargir son champ de recherche sur ce lieux je conseille un article sur cette maison et sur sa construction en interrogeant le site google sur les Maisons d'écrivains.)
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mardi 16 novembre 2010

Retour d'Hôpital.

Il était important que je souffre pour connaître ensuite cette rage de dire les choses.


                                                                                                         Claire CASTILLON

lundi 15 novembre 2010

CHRISTIAN BOBIN

Entre la terre et le ciel une échelle. Le silence est au sommet de cette échelle. La parole ou l'écriture, si persuasives soient-elles, n'en sont que des degrés intermédiaires. Il faut n'y poser le pied que légèrement, sans insister. Parler, c'est tôt ou tard faire le malin. A un moment ou à un autre. Inévitablement. Seul le silence est sans malice. Le silence est premier et dernier. Le silence est amour - et quand il ne l'est pas, il est plus misérable que du bruit.
Les heures silencieuses sont celles qui chantent le plus clair.

Pousser une Porte...

Pousser les portes, pousser des portes, une porte est fermée, il faut la pousser, et parfois cogner, d'abord des petits coups discrets, puis avec le poing, et les pieds, elle reste obstinément fermée.
Fermée à double tour comme certains visages, certains corps. Le baiser est impossible, la caresse froide sans vie. Un silence, vertigineux, le silence de la mort. Obéir à la demande d'une muse, une, dangereuse, car il faut lui dire ce qui fait le pas lent et mesuré vers elle, pousser à nouveau la porte qui cède enfin, au petit matin, lumière dans l'entrebâillement, des bribes de phrases et de mots.
J'ai poussé cette porte, un petit grincement, du froid a frappé mon visage, une lumière pâle, des voix, un chant mélancolique, un oiseau blanc, jeune palombe prisonnière s'est envolée agitant des ailes cendrées. Une parade nuptiale.
Et cette main surgissant de l'espace lumineux. Une main tendue. La prendre, la toucher, la réchauffer, puis la baiser longuement. Lentement je disparus dans l'ouverture lumineuse.
Se retrouver étendus sur une couche blanche d'un tissu d'orient bordé de soie cramoisie.
Plonger dans le songe royal des amants.

Symphonie N° 7

mercredi 10 novembre 2010

LES CHEMINS PARCOURUS.

...  Les chemins de montagne drainés de rigoles, de petites roches volcaniques qui gênent la marche ascendante  des bergers des troupeaux et des chiens sont  encombrés de branches mortes.
Jan Petrus pense son parcours de montagne, il a le visage battu par une pluie fine et glacée, le vent se glisse sournois dans l'encolure de sa veste de toile doublée de peau de mouton, malgré le chapeau déformé qui recouvre la chevelure, épaisse et bouclée, la pluie dégouline sur ses épaules. Le brouillard, épais, lorsqu'il parvient au sommet du col creusé par les siècles de vent, lui cache une partie du troupeau qu'il appelle en poussant d'étranges sons gutturaux et en claquant dans ses mains. Les petits matins de Jan Petrus aux confins des Alpes. L'Italie, la Suisse, il n'aime pas, trop engoncée dans son confort bourgeois, et la France un peu barge pense-t-il. Vive Voltaire et la petite ville frontalière de Ferney.
Sa marche se prolonge sur la pente dangereuse des éboulis, quelques maigres bouquets d'herbe folle entre les roches en équilibre, les marmottes qui poussent d'étranges cris, et l'immense lac d'eau translucide, l'éclair lumineux soudain d'une truite en chasse, la flèche démesurée d'un rayon de soleil, les sonnailles du troupeau de vaches. Le brouillard envahit très vite la combe froide, c'est ainsi que Jan Petrus retrouve son énergie après la chaleur intense de l'Afrique et les parcours de ville en ville à la recherche de Rimbaud .

Proverbe Africain.

Pour elle.


Seul, on marche plus vite; à deux on marche plus loin.

lundi 8 novembre 2010

JAN PETRUS. Il se souvient de ce poème qui l'accompagna pendant son voyage.

SENSATION

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds,

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

*
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature,- heureux comme avec une femme.

dimanche 7 novembre 2010

JAN PETRUS LE RETOUR





Déjà plusieurs mois que Jan Petrus, après une nuit Parisienne mouvementée dans les hauts Lieux Germanopratins et Montparnos du Dôme, du Flore, Blue Note et autres boîtes de jazz, nous a quitté pour l'aventure africaine sur la piste de Rimbaud, grand marchand d'armes et immense poète devant l'éternel, peut-être aussi pourvoyeur contre monnaie sonnante et trébuchante de coke, H, et autres produits favorisant le paradis artificiel de la"gentry" parisienne.
Et le revoilà. Dégingandé, amaigri, presque noir, des cheveux auburn tirant sur le rouge de henné, retombant en boucles sur les épaules, un sac de toile kaki en bandoulière.


"- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près."


C'est la Première Soirée... de Rimbaud  et aussi de Jan Petrus dans la ville Yéménite d'Aden où Rimbaud passa des soirées d'amour et de marchandage... Et de poésie.

"Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins."


Il débarque du Marseille - Paris à la Gare de Lyon.
Par économie, il est fauché et le chèque de l'éditeur va arriver à petits pas, l'atterrissage s'est fait à Marseille
et puis il aime bien cette gare... Le Train Bleu souvenir des années folles... un p'tit repas tout simple le replonge dans la vie parisienne. Un coup de rouge... autre chose que le thé des peuples du désert...

vendredi 5 novembre 2010

Libre réponse au texte d'Imazine.







En réponse au texte d'Imazine
Retrouver Paris
Pour moi c'est une marche
Un errement subtil fait
de rues enfilées
de ruelles arpentées
de bistrots
qui m'interpellent et dans lesquels je vais m'en jeter une.

"Un p'tit noir"
au comptoir
une minette,
un sourire
Parfois un geste prolongé
et je repars la foule me happe,
ça grouille

et je m'émerveille de ce mouvement
de ce tangage des corps
du bruit
des cris
des moteurs
et mon cerveau bouillonne.
Ces jours ci je lis un livre,

Pour l'instant il s'agit de New York
Et j'étreins ces deux villes comme on étreint la femme aimée.

PARIS... NEW YORK... Manhattan
merveilleuse foule.

En moi je souris pour une fois...

Merci  à ceux qui m'aident
Le jeune poète d'Imazine
et celle qui manipule si bien les mots et les images.

christian cazals