Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

mercredi 11 mai 2011

ENTENDRE Christian BOBIN

... Ce que vous aimez dans les livres tient à ce vide que vous n'approcherez jamais, autour duquel les écrivains avec leur encre, les enfants par leurs rires, les amants dans leur fatigue, tissent leurs pétales d'encre, de rire ou de fatigue. Laissez cette fleur aller son rythme, s'ouvrir doucement à sa mort parfumée. Ne redoutez pas de la voir exposée en plein jour. Tout empêche un écrivain d'écrire- mais écrire c'est passer outre à l'empêchement d'écrire. Aimer c'est passer outre à l'empêchement d'aimer. Le monde ne peut rien contre ça. Le monde ne sait passer outre à rien, pas même au monde.
Le monde ne sait que se continuer, se continuer indéfiniment, poursuivre son long tracé sans origine ni fin, sa grande ligne droite, inutilement droite, insupportablement droite, incomparablement moins belle et vraie et pure que le désordre de pétales rouges autour d'un cœur sans fond.   Christian Bobin in "Un désordre de pétales rouges".

1 commentaire:

Féelonia a dit…

Bobin, l'artiste.