Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

lundi 10 mai 2010

Léopold Sedhar Senghor, Aimé Césaire poète de la négritude.

Poésie de Léopold Sédar Senghor


Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voila qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d' Est
Tamtam sculpté, tamtam qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.


Aimé Césaire.

La femme et la flamme

Un morceau de lumière qui descend la source d'un regard
l'ombre jumelle du cil et de l'arc-en-ciel sur le visage
et alentour
qui va là angélique
et amble
Femme le temps qu'il fait
le temps qu'il fait peu m'importe
ma vie est toujours en avance d'un ouragan
tu es le matin qui fond sur le fanal une pierre de nuit
entre les dents
tu es le passage aussi d'oiseaux marins
toi qui es le vent à travers les ipoméas salés de la connaissance
d'un autre monde s'insinuant
Femme
tu es un dragon dont la belle couleur s'éparpille et s'assombrit
jusqu'à former l'inévitable teneur des choses
j'ai coutume des feux de brousse
j'ai coutume des rats de brousse de la cendre et des ibis
mordorés
de la flamme
femme liant de misaine beau revenant
casque d'algues d'eucalyptus
                                    l'aube n'est-ce pas
                                    et au facile des lisses
                                    nageur trés savoureux





Pensées auourd'hui à l'esclavage
chavirement du regard à l'île de Gorée
regard sur l'immensité de la mer
l'océan sur lequel
se perdirent
les navires négriers.

c.c

1 commentaire:

Jacqueline Waechter a dit…

Bouleversantes incantations poétiques,
merci à Vous !