Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

mardi 20 juillet 2010

Parcours Scène 3

Les doigts effilés glissent sur la chevelure humide.
Accroupie elle se penche et palpe le front, les narines pincées, les mâchoires serrées, plonge son regard et pénètre l'immensité sombre de mes yeux effrayés.
Mes bras se raidissent, le corps se tend, les jambes tremblent, le froid les pénètre,

elle sourit
un sourire glacé

la ville portuaire est silencieuse.
Seul le cri du cormoran déchire les nuages bas, il apparaît, grand oiseau noir majestueux, mystérieux  dans le dessin des volutes qu'il trace au dessus de notre couple immobile.

Sur le pont métallique lancé au dessus des courbes de l'autoroute vient de passer le premier tramway de la journée. Il disparaît au loin et pénètre la couverture basse des nuages sombres de cette étrange journée.
La jeune femme s'étend sur mon corps épuisé, le réchauffe en le pénétrant, une énergie sauvage qui semble redonner vie aux articulations rigides, je sens ses bras envelopper mon torse, une force étrange me soulève. D'un pas régulier et souple elle m'emporte vers les docks.
Le moteur de l'embarcation qu'elle pilote éveille la torpeur de mes pensées.
Les coques des navires défilent sous mes yeux. Des grandes plaques de rouille s'écaillent sous la ligne de flottaison.
Elle se dirige vers la sortie du port. Double la jetée du phare pâlissant.
Un roulis caractéristique me signale la haute mer.





2 commentaires:

Féelonia a dit…

Magnifique, vraiment.
Merci pour ce voyage.

croukougnouche a dit…

j'ai un peu peur de lire la suite..