Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

dimanche 10 mai 2009

Fêtes Vénitiennes. Texte 3/ Palazzo di Borgho. Christian CAZALS

Fêtes vénitiennes. Texte 3 Masques et Bergamasques / Palazzo di Borgho Des Pierrots lunaires, d'extravagantes sorcières, des diables en rut hurlant la jouissance des enfers, accouplement de divinités chtoniennes, musique angélique sur la lagune, tambourins, mandoline, guitares, grands éclats de rire et cris énamourés, chants de gorge et roucoulements... Le corps souple des femmes au rythme languissant autour du nouvel arrivant. Des chuchotis... Le comte...le comte... des larmes, et Fausta Berestini s'avançant vers lui mue par le désir, attirée par sa présence. Elle pénètre l'aura du comte pour se perdre. Noblesse de sa démarche, mouvement souple des hanches, creux des lombes au parfum musqué. En toute sérénité son corps glisse et vient se lover contre celui du comte, qui laisse aller son regard sur la naissance des seins . Une coupe tendue par la main d'un jeune éphèbe, le champagne glisse dans le corps échauffé de Fausta, son visage s'empourpre, ses lèvres s'entrouvrent, une étrange vibration agite ses cuisses. Le couple pénètre la foule multicolore folle de rythme et de musique. Luigi les regarda s'éloigner vers la grande véranda du palais, lieu étrange, jardin intérieur et secret dans lequel les amants s'étreignent et mêlent le suc de leur plaisir tout en prononçant des
mots étranges.
Le vieil industriel padouan s'appuie contre le balcon de marbre, il sent le froid de la pierre le pénétrer. Comment ne pas penser aux derniers instants de sa vie laborieuse? Il respire les effluves de la lagune à cette heure criblée par les lanternes des gondoles. La douleur au sommet du thorax s'intensifie . Il décide de prendre une gondole et de rejoindre Mestre par le canal , puis sa grande maison solitaire dans les faubourgs de Padoue.
La Véranda
* Lieu discret Grande baie vitrée réchauffant la couche des amants Plantes tropicales Et senteurs poivrées les roses et les œillets enivrent le cœur et les gestes lents sur les corps étendus... Extatiques.
Au lever du soleil les amants en lévitation iront sur les bords de la lagune. Fausta blottie dans les bras du comte laissera son regard se perdre dans les brumes matinales. Elle songera à Luigi . Les derniers masques s'éloigneront du palais . Fausta épuisée fermera les yeux. La respiration des amants sera une.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Mort à Venise
Très beaux textes.