Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit.


... en tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leurs manteaux de laine, leurs visages masqués par un voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche.


Désert. Le Clézio.

mardi 24 août 2010

Mots de la nuit. Ma grotte sous les branchages/

En sexe largement ouvert apparaît la grotte aux arches de basalte masquée par l'entrelacs des broussailles encombrées de chèvrefeuille, forme oblongue, fissure verticale frappée par le rayonnement du soleil, le soir, aux heures de crépuscule. A flanc de montagne.
J'étais enfant et j'avais découvert des nouveaux lieux secrets pour cacher les pensées folles qui naissaient dans mon esprit compliqué, des lieux d'aventure au coeur de cette Ariège  dernier refuge Cathare avant leur extermination, un grand mystère animait mon cerveau enfantin et faisait naître les pensées les plus folles.
La " fissure" avait l'odeur des feuillages détrempés, de la terre mouillée, des mousses humides, aussi du chèvrefeuille, des roses sauvages, c'était du santal, le musc capiteux que les femmes utilisent pour exciter leur amant, oindre les secrets du corps, et lorsque je pénétrai en rentrant le ventre et en serrant les fesses, mon coeur palpitait. J'étais impatient de découvrir à la lumière d'une mauvaise bougie qui me chauffait les doigts la beauté des salles aux murs de cathédrale, les ruisseaux d'eau fraîche que je buvais imprudemment et les petits lieux de repos creusés dans la roche, peut-être des chambres d'amour.

1 commentaire:

Jacqueline Waechter a dit…

Juste le souvenir
émouvant tracé d'une jeunesse vive,
éprise dans la fulgurance des senteurs natures
à coeur boisé de la découverte des appels du corps...